(Marseille) Face au déclin des espèces animales et végétales, les efforts de préservation portent-ils leurs fruits ? Pour le savoir, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) déploie le « Statut vert des espèces ».

Agence France-Presse

L’UICN est surtout connue pour sa « Liste rouge » des espèces menacées, lancée en 1964, qui classe aujourd’hui animaux et végétaux dans neuf catégories en fonction du degré de menaces qui pèse sur eux. Ce classement a permis d’attirer l’attention sur la situation dramatique de certaines espèces et de mettre en place des mesures de protection.

Sa nouvelle liste, le « Statut vert des espèces », a « deux objectifs principaux : mesurer la régénération des espèces, ce qui n’a jamais été fait » et connaître l’impact des programmes de conservation, a expliqué Molly Grace, coordinatrice du groupe de travail sur le Statut vert, lors d’une conférence de presse lors du congrès mondial de l’UICN vendredi à Marseille.  

Comme la Liste rouge, le « Statut vert des espèces » compte neuf catégories, de « rétablissement complet » à « extinction à l’état sauvage », en passant par différents stades, « diminution légère », « diminution modérée », « diminution importante », « diminution critique ».

« Empêcher l’extinction n’est pas suffisant », a insisté Molly Grace, pour qui le Statut vert permet de « rendre visible le travail invisible de la protection » des espèces.

Elle a donné comme exemple le condor californien, classé « en danger critique » d’extinction depuis les années 1990, mais dont la population augmente très lentement à l’état sauvage, avec 93 adultes aujourd’hui, grâce à des réintroductions et une forte protection. Sans cela, il aurait disparu à l’état sauvage, a-t-elle relevé.

Le Statut vert doit permettre de voir le potentiel de rétablissement d’une espèce à court et long terme, jusqu’à un siècle.

Ce classement compte pour l’instant 181 espèces évaluées, bien loin des 38 500 que compte la Liste rouge. D’autres sont en cours d’évaluation et seront rendues publiques à la fin de l’année. Le Statut vert sera intégré à la Liste rouge.

À terme, l’idée est de développer également un indice pour mesurer le rétablissement d’un groupe d’espèces.

« La Liste rouge et le Statut vert fournissent des évaluations distinctes mais liées et complémentaires sur le statut de conservation d’une espèce », précise l’UICN.

Parallèlement, l’UICN a créé une « Liste verte des aires protégées et conservées ». Elle compte au total 59 sites à travers le monde et se base sur 17 critères dans quatre domaines : « bonne gouvernance, conception et planification robustes, gestion efficace et résultats effectifs en matière de conservation ».