(Vancouver) Une vague de chaleur extrême au cours de la dernière semaine de juin dans l’Ouest canadien a eu aussi des conséquences sur les glaciers fragiles qui fondent déjà à un rythme accéléré, selon des experts.

Hina Alam La Presse Canadienne

Des dizaines de records de température ont été battus au cours de cette période, dont un record canadien de 49,6 °C à Lytton, en Colombie-Britannique, la veille d’un incendie qui a détruit en bonne partie le village.

Brian Menounos, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’évolution des glaciers à l’Université de Northern British Columbia, a déclaré que même à des altitudes de 3000 mètres, la température était d’environ six degrés au-dessus de la moyenne.

« Plus chaud que tout ce que nous avons vu », a-t-il avancé.

Lui et d’autres scientifiques travaillent à quantifier la fonte des glaciers causée par la vague de chaleur.

La plupart des glaciers de montagne en Alberta et en Colombie-Britannique se retrouvent en mauvaise condition et pourraient disparaître d’ici la fin du siècle en raison des émissions de gaz à effet de serre et des changements climatiques causés par l’activité humaine, a exposé M. Menounos.

Jeffrey Kavanaugh, professeur agrégé de la faculté des sciences de l’Université de l’Alberta, a estimé que la fonte des glaces sur le champ de glace Wapta, lors du soi-disant « dôme thermique » de juin, était trois fois supérieure à la normale au cours des 12 dernières années. Le champ de glace Wapta est la source du glacier et de la rivière Bow.

Il a examiné les données du 25 juin au 4 juillet et les a comparées aux températures pour le même intervalle au cours des 12 années précédentes.

La température n’est descendue en dessous de zéro qu’une seule fois pendant cette période ; toutes les autres nuits, elle est restée aussi élevée que 7,5 degrés.

« Parce que l’augmentation de la fonte lors de la période du dôme thermique a fait fondre le manteau neigeux à de nombreux endroits et a exposé la glace des glaciers. Cela a modifié le taux de fonte pour le reste de l’été », a expliqué M. Kavanaugh.

« Donc, la fonte augmentera par rapport à un été normal. Même si les températures sont normales, nous verrons toujours plus de fonte le reste de l’été que nous n’en aurions autrement. C’est un impact qui se poursuivra au moins jusqu’à ce que la neige tombe et recouvre à nouveau les glaciers. »

Brian Menounos a dit que la vague chaleur coïncidait avec le solstice d’été, lorsque l’hémisphère Nord reçoit « l’énergie maximale » du soleil. Selon lui, il s’agissait en quelque sorte d’un double coup de poing.

La fumée des centaines d’incendies qui brûlent dans la province est un problème supplémentaire, avec la suie qui accélère la perte de glace. Une couverture de fumée réduit la lumière du soleil, mais emprisonne également la chaleur qui accentue le dégel des glaciers, a ajouté M. Menounos.

« C’est un sujet de recherche compliqué que beaucoup de gens commencent à étudier et essaient de mieux comprendre », a-t-il indiqué.

Il a mentionné que ce rythme de fonte des glaciers est généralement observé fin juillet et août. Les glaciers connaîtront donc une « saison de fonte plus longue » si les températures restent au-dessus de la normale, a noté M. Menounos.

« Les glaciologues s’inquiètent à chaque fois que vous obtenez des conditions qui vont maintenir la fonte pendant des quantités de temps substantielles », a-t-il fait part.