Une manifestation modeste mais enthousiaste s’est tenue vendredi à Montréal pour réclamer une justice climatique et sociale.

Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

La manifestation, qui a réuni un peu moins d’un millier de personnes selon un décompte de La Presse Canadienne, s’inscrivait dans une journée mondiale inspirée par la démarche de la jeune militante suédoise Greta Thunberg, à l’invitation du mouvement étudiant « Fridays for Future ».

Contrairement aux manifestations passées, toutefois, celle-ci ne portait pas que sur le réchauffement climatique, mais regroupait un amalgame de causes qui, selon ses organisateurs, vont main dans la main.

« Nous avons quatre revendications : la décarbonisation d’ici 2030, le définancement de toutes les polices, la justice migratoire et la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance de l’autodétermination des Premiers Peuples », a expliqué Florence Lachapelle, de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES).

Elle a précisé que le mouvement se doit de « bâtir des solidarités dans la lutte climatique » et d’« associer la réduction des émissions avec une réelle justice sociale ».

Élodie Lessard-Charron, 9 ans, elle, avait une seule et grande raison de se trouver sur place : « Pour dire non au projet GNL parce que ça va polluer les eaux et il va y avoir beaucoup d’animaux morts, comme les petits oiseaux vont être morts, les baleines aussi et déjà qu’on pollue déjà assez la planète, il faudrait pas plus la polluer », a affirmé avec aplomb la fillette. Le projet GNL, qui prévoit l’extraction de gaz naturel de schiste en Alberta, son transport par gazoduc jusqu’à Saguenay et sa liquéfaction en vue de l’exporter via le Saguenay et le fleuve Saint-Laurent, était d’ailleurs la première cible des manifestants.

Racisme et autodétermination des peuples autochtones

Par contre, plusieurs discours ont dénoncé le racisme systémique et défendu le droit à l’autodétermination des peuples autochtones. De nombreux représentants des Premières Nations étaient sur place et plusieurs d’entre eux arboraient le drapeau des Warriors.

Un des orateurs, qui s’est identifié simplement sous le nom de « Wolverine Carcajou » ne s’est pas gêné pour s’en prendre au régime actuel de gouvernance des Autochtones eux-mêmes face à l’exploitation des ressources naturelles sur les territoires leur appartenant : « On est venu dénoncer le gouvernement étatique et les chefs qui signent des projets insensés […] Toutes ces façons de faire sont illégales et on ne les reconnaît pas, autant que les projets qui sont signés par les conseils de bande qui travaillent pour le système étatique qui représente le (gouvernement) fédéral, qui ne représentent pas les gouvernances ancestrales autochtones des Premiers Peuples. »

Calme mais bruyante, la manifestation s’est ébranlée vers 16 h 30 sur le flanc du mont Royal pour se diriger jusqu’au siège social d’Hydro-Québec, dont les manifestants ont dénoncé l’implication dans le projet GNL. Ils se sont dispersés dans le calme vers 18 h 15.

PHOTO RYAN REMIORZ, LA PRESSE CANADIENNE

D’autres manifestations avaient lieu dans une dizaine de régions. Le coup d’envoi avait été donné en avant-midi en Abitibi-Témiscamingue avec une manifestation devant le bureau du ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, à Val-d’Or.

D’autres manifestations ont eu lieu en Estrie, devant le Cégep de Sherbrooke, en Montérégie à Salaberry-de-Salaberry-de-Valleyfield, Saint-Hyacinthe et Saint-Jean-sur-Richelieu. Le même scénario se déroulait à Québec, devant l’hôtel de ville, à Gatineau, au parc Jacques-Cartier, et à Saguenay, devant le palais de justice.