La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, promet de s’attaquer au piètre bilan du réseau d’assainissement des eaux usées de sa ville, classé comme le pire au Québec, selon un palmarès de la Fondation Rivières publié cette semaine.

Michel Saba, Initiative de journalisme local
La Presse Canadienne

« La situation est sérieuse et des gestes doivent être posés afin d’y remédier », a-t-elle écrit dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne par son bureau où elle précise qu’il n’est tout simplement « pas acceptable » que « l’agglomération » affiche un tel bilan.

L’analyse révèle que la ville de la Rive-Sud obtient un indice d’intensité des déversements près de quatre fois plus grand que Laval, la seconde municipalité de la liste. Longueuil se classe également en première position dans la liste des grandes villes en ordre d’intensité des déversements par habitant.

Puisque le réseau d’assainissement de Longueuil dessert Boucherville, Brossard et Saint-Lambert, certains des ouvrages qui débordent — des sortes de digues — sont possiblement situés sur le territoire de ces municipalités.

Afin de corriger le problème, Longueuil souhaite ajouter deux bassins de rétention dans les secteurs du réseau où la majorité des débordements ont lieu. La Ville affirme que c’est un élément du plan de gestion des débordements qu’elle a soumise au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

La mairesse a également indiqué que sa « Stratégie de l’eau » prévoit que 300 millions seront investis pour mettre aux normes le centre d’épuration des eaux de sa ville et mettre en œuvre le Plan de gestion des débordements.

Au moment de publier, il n’était toujours pas clair quand le problème sera réglé ni si la somme a été budgétée ou si elle sera réclamée à Québec, la mairesse Parent ayant refusé d’accorder une entrevue.

Le jour de la publication du palmarès, son attachée de presse avait pourtant indiqué que ça pourrait être le cas une fois que les données de la Fondation Rivières auront été analysées, estimant qu’il faut « faire les choses en ordre ».

Pas moins de 60 660 déversements ont eu lieu au Québec en 2019 selon la Fondation Rivières. Ils surviennent la plupart du temps à la suite de grosses pluies.

Chaque fois des matières fécales, mais aussi des mégots de cigarette, des feuilles de papier, des tampons, des lingettes et une foule d’autres solides qui ne se décomposent pas, sont déversées dans les rivières, les lacs ou, dans le cas de Longueuil, le fleuve.

La performance des infrastructures d’eaux usées doit être améliorée, a indiqué le cabinet du ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette.

Il incombe aux municipalités que leurs réseaux soient aux normes, a insisté son bureau dans un message transmis à La Presse Canadienne, ajoutant que différents programmes existent pour le renouvellement de conduites d’eau.

– Texte de l’Initiative de journalisme local.