Les groupes écologistes ont réagi avec consternation à nos révélations sur le plan vert du gouvernement Legault.

Mis à jour le 18 sept. 2020
Katia Gagnon
Katia Gagnon La Presse

Rappelons que La Presse a obtenu copie des deux documents qui composent le plan vert, le Plan pour une économie verte et son Plan de mise en œuvre, qui détaille les sommes qui seront investies pour atteindre les objectifs. Le gouvernement Legault prévoit investir 4,4 milliards au cours des cinq prochaines années.

Nous avons soumis les deux documents à deux experts réputés, Pierre-Olivier Pineau, de HEC Montréal, et Normand Mousseau, de l’Université de Montréal. Tous deux ont jugé le plan « complètement insuffisant » pour atteindre la cible énoncée par le gouvernement, soit la réduction de 37,5 % des gaz à effet de serre.

« Même s’il y a du bon dans ce plan, les lacunes qui y sont dévoilées sont alarmantes. Le gouvernement a encore la chance d’ajuster le tir, espérons qu’il le fera », a réagi Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales chez Équiterre sur son compte Twitter.

« Si nous avons une leçon à retenir de la crise sanitaire actuelle, c’est que les demi-mesures ne nous permettent pas de bâtir la résilience nécessaire pour affronter les crises », ajoute-t-il. M. Viau déplore du même souffle que les 75 groupes et experts consultés par le gouvernement, qui avaient accouché d’un rapport audacieux, n’aient pas été entendus.

« Il faudrait peut-être les écouter, sinon à quoi servent les consultations et les groupes de travail ? »

Même son de cloche à la Fondation David Suzuki. « On ne fait pas un plan de lutte contre les changements climatiques pour faire plaisir à certains secteurs d’activité, mais pour s’aligner avec la science », dit Diego Creimer, porte-parole de l’organisme. « Il y a des propositions intéressantes dans ce plan. Mais jamais par le passé on n’a réussi à atteindre nos cibles. Et maintenant, on n’a plus de temps ! »

Chez Greenpeace, on estime aussi que le gouvernement « doit refaire ses devoirs et proposer un plan qui permettra d’atteindre et de dépasser les cibles et ainsi respecter la science du climat ». Le premier ministre, plaide Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie à l’organisme, doit « écouter les scientifiques du climat avec le même sérieux qu’il écoute ceux de la santé ».

« Après avoir reconnu que nous sommes en urgence climatique, le gouvernement doit cesser de se traîner les pieds », ajoute-t-il.

Le militant écologiste Dominic Champagne a lui aussi déploré la mollesse du plan dévoilé par La Presse. « Après avoir promis un plan qui permettrait d’atteindre la cible de 37,5 % de réduction des GES, il semble qu’on va accoucher d’un plan qui n’arrivera qu’au tiers de cette cible, a-t-il écrit sur Facebook. Si ce gouvernement n’est pas climatosceptique, il doit livrer et cesser de louvoyer. »

Il évoque à la fin de ce message une démission du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, si d’aventure le plan ne permettait pas de « mettre le Québec sur la voie de la carboneutralité ».

Pour en arriver à une réduction de 37,5 % des GES, le Québec devrait réduire ses émissions de 29 mégatonnes en 2030. Les experts consultés par La Presse estiment que cette cible ne pourra être atteinte avec ce plan, qui repose en grande partie sur l’électrification des transports.

Le gouvernement prévoit investir 4,4 milliards au cours des cinq prochaines années pour diminuer les GES émis au Québec, dont un milliard sera consacré aux subventions pour des véhicules électriques.