(Vancouver) Sur la côte ouest du pays, plusieurs orques en voie de disparition seraient gestantes, ce qui enchante un scientifique de l’Université de la Colombie-Britannique.

Hina Alam
La Presse canadienne

Andrew Trites a précisé qu’il ne connaissait pas le nombre exact d’orques résidentes du sud qui attendent des petits. L’une d’entre elles est « J35 », la baleine qui avait attiré l’attention des médias du monde entier il y a deux ans lorsqu’elle avait été vue en train de pousser le corps de son nouveau-né mort dans l’eau pendant plus de deux semaines.

La grossesse montre que J35 ne manque pas de nourriture et qu’elle est suffisamment en bonne santé pour porter un fœtus, a-t-il déclaré.

« Donc, c’est un bon signe et c’est aussi un bon signe qu’elle soit gestante, car ils ont besoin de plus de bébés dans cette population, et en particulier de femelles. »

On estime la population totale des épaulards résidents du sud à 73 individus, divisés en trois groupes, J, K et L. Leur territoire s’étend des eaux au large du sud de la Colombie-Britannique jusqu’en Californie.

La nourriture préférée des orques résidentes du sud est le saumon quinnat. De nombreuses populations de cette espèce sont en déclin ou risquent d’être anéanties au Canada et aux États-Unis.

Ce défi, et d’autres auxquels sont confrontées les orques, font en sorte que les citoyens de la Colombie-Britannique se sentent concernés par le sort de ces bêtes, selon Andrew Trites.

« Et J35 est au cœur de l’histoire la plus incroyable de tous les épaulards. C’est comme si nous parlions d’un membre de notre famille ou d’un ami à nous. »

Des bébés qui se font rares

Les recherches montrent qu’environ les deux tiers de toutes les grossesses des orques résidentes du sud sont perdues en raison de divers facteurs, dont le manque de saumon.

Il y a peu de détails sur la progression de la grossesse de J35, mais les photos aériennes la montrent avec une « bosse de bébé », indique M. Trites.

Les grossesses d’orques durent jusqu’à 18 mois, mais pour que cela soit visible, la baleine doit être assez avancée dans la gestation, explique-t-il.

« Je soupçonne qu’elle est probablement dans le dernier trimestre, qui dure six mois. »

Les orques résidentes du sud ont en moyenne deux bébés mâles pour un bébé femelle. M. Trites espère que le veau survivra et que ce sera une femelle. Les scientifiques ne tiennent pas compte des bébés de moins d’un an dans le décompte des individus d’un groupe.

Selon l’estimation d’Andrew Trites, le veau pourrait naître en janvier. Les bébés orques nés en hiver peuvent faire face à une période beaucoup plus difficile que ceux qui arrivent en été, souligne-t-il.

Les mères doivent parfois plonger plus profondément pour chercher de la nourriture, ce qui laisse le veau seul à la surface, explique-t-il.

Bien que la mère et le bébé utilisent les sons pour se repérer, il y a eu des cas de veaux qui s’étaient perdus, affirme-t-il.

« Si vous sortez sur un bateau pendant une tempête hivernale, vous réaliserez à quel point c’est difficile […] Maintenant, imaginez que vous n’êtes que des animaux qui nagent là-bas, et qu’il y en a un qui est très jeune et naïf et qui n’est pas encore très doué pour nager », illustre M. Trites.