L’utilisation massive du plastique par les Canadiens, plastique qui finit au dépotoir dans près de 90 % des cas, interpelle Environnement et Changement climatique Canada, qui recommande la réduction de son utilisation et lance un programme de recherche visant à mieux connaître son impact sur la santé humaine.

Nicolas Bérubé
Nicolas Bérubé La Presse

Le gouvernement est notamment préoccupé par les microplastiques, ces particules de plastique de 5 mm ou moins qui se retrouvent dans l’environnement, dont dans des produits de consommation courante.

« Des microplastiques ont été détectés jusque dans 93 % des échantillons d’eau embouteillée à l'extérieur du Canada, note Environnement Canada. Dans le cas de l’eau du robinet, des microplastiques ont été détectées lors de certaines études. »

Quant aux macroplastiques, soit des particules de plastique de plus de 5 mm, le Ministère est d’avis qu’il « cause des dommages physiques aux animaux et à la faune ». Il recommande au gouvernement d’agir pour réduire à la fois les macro et microplastiques qui se retrouvent dans l’environnement.

« Nous savons que les macroplastiques causent des dommages physiques aux animaux et à la faune, et c’est pourquoi nous demandons à ce qu’il y ait une réduction de leur utilisation », a expliqué en point de presse Tariq Francis, évaluateur principal pour Environnement et Changement climatique Canada.

Notre avis sur les microplastiques, c’est qu’il faut aussi réduire leur utilisation et privilégier l’approche de précaution en attendant que les études nous donnent l’heure juste.

Tariq Francis, évaluateur principal pour Environnement et Changement climatique Canada

Parmi les problèmes causés par le plastique, M. Francis note que des scientifiques ont observé un oiseau dont le tube digestif était obstrué par le bouchon d’une bouteille de plastique à usage unique, et qui en est mort. « Les scientifiques ont aussi récupéré une tortue de mer dont le tube digestif était rempli de divers objets de plastique entremêlés. Une fois le plastique retiré, la tortue a retrouvé la santé. »

Interdiction des plastiques à usage unique

Le gouvernement canadien pourrait s’appuyer sur ces recommandations pour réaliser son objectif d’interdire les plastiques à usage unique à partir de 2021 au pays.

Au Canada, moins de 10 % du plastique utilisé est recyclé et, sans changement dans leurs habitudes, les Canadiens jetteront pour 11 milliards de produits en plastique d’ici 2030. En 2016, 3,3 millions de tonnes de plastique ont été mises aux ordures – c’était une quantité 12 fois supérieure à la quantité de plastique qui a été recyclé. Environ le tiers du plastique utilisé au Canada sert à des fins d’emballage.

Un exemple de macroplastiques qui se retrouvent dans l’environnement peut être du plastique à usage unique qui n’est pas jeté à la poubelle. Du côté des microplastiques, il s’agit entre autres des matières plastiques qui se détachent des vêtements et se retrouvent dans l’eau lors du lavage.

En juin dernier, le premier ministre Justin Trudeau avait fait part de l’intention de son gouvernement d’éliminer des objets de plastique à usage unique tels les sacs d’épicerie, les couvercles pour le café, les pailles et les bouteilles. Il avait affirmé que le gouvernement mènerait des recherches pour déterminer le meilleur plan d’action, fondé sur des preuves scientifiques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement.

Pour combler certaines lacunes identifiées dans la recherche dans l’évaluation scientifique de la pollution plastique, Environnement Canada financera dès ce printemps des projets d’étude, à hauteur d’un maximum de 200 000 $ par étude, sur une période de deux ans.

Lors du sommet des pays du G7 tenu en 2018 dans la région de Charlevoix, le Canada et quatre autres grandes économies ont signé une charte selon laquelle, d’ici 2040, tout le plastique produit dans leur pays sera réutilisé, recyclé ou brûlé pour produire de l’énergie.

— Avec La Presse canadienne