(Montréal) Le « Vendredi fou » peut être l’occasion pour certains de faire des emplettes en profitant d’aubaines, mais pour les militants d’Extinction Rébellion Québec (XR), il s’agit d’une célébration de la surconsommation dont les conséquences sur l’environnement sont catastrophiques. Ils ont manifesté leur opposition en visitant plusieurs centres commerciaux et en « se collant » aux vitrines de deux boutiques du centre-ville de Montréal.

Ugo Giguère
La Presse canadienne

En fin d’après-midi, les manifestants ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal, menant à un nouveau geste d’éclat. Des militants, garçons et filles, d’Extinction Rébellion Youth, le mouvement jeunesse qui ne compte que des membres d’âge mineur, se sont englué les mains pour les coller contre des vitrines des boutiques American Eagle et H & M.

L’intersection des rues Peel et Sainte-Catherine a été fermée à la circulation pendant plusieurs heures puisque des manifestants occupaient la voie publique.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a annoncé avoir arrêté douze militants pour méfait — tous des mineurs. Ils devaient être relâchés sous promesse de comparaître et raccompagnés par un parent ou autre personne responsable.

La situation est revenue à la normale vers 20 h, a précisé Raphaël Bergeron, un porte-parole du SPVM.

Dans un communiqué de presse transmis par courriel, un porte-parole de l’organisation, Oussama Kaidali, explique le geste par la volonté d’« affirmer qu’on connaît l’impact de la surconsommation et qu’on agira tant que ce chaos écologique et social se passera sous notre nez, dans l’ignorance complète de nos concitoyens et de nos politiciens ».

Plus tôt dans la journée, des militants ont circulé dans les couloirs du Centre Eaton de Montréal et de la Place Montréal Trust en partageant leur message de sensibilisation aux clients.

Les militants de XR ont aussi tenu une friperie éphémère à la Place des Arts. Ils ont alors vendu des vêtements à 100 % de rabais pour donner un exemple positif de réutilisation et de partage des biens.

Selon une porte-parole du groupe, Catherine Bouchard-Tremblay, les actions de vendredi visaient particulièrement l’industrie de la mode éphémère (« fast fashion ») et celle de l’électronique, deux créneaux du commerce de détail hyper sollicités lors du « Vendredi fou ».

« La friperie, c’est une offre de solution. Notre objectif, c’est de contrer le système qui nous pousse à toujours racheter les mêmes objets », a précisé la militante.

Elle dénonce particulièrement l’obsolescence programmée et l’irresponsabilité des fabricants de produits électroniques dont les matériaux sont désastreux pour l’environnement.

« Le matériel électronique finit dans les décharges et cela fait en sorte que des métaux rares et matériaux super toxiques se retrouvent à polluer les terres », mentionne-t-elle.

Extinction Rébellion est une organisation écologiste qui prône la désobéissance civile comme moyen de pression afin de forcer les gouvernements à agir face à l’urgence climatique. Ses revendications exigent que les gouvernements disent la vérité sur l’urgence climatique ; qu’ils agissent pour la combattre ; qu’ils organisent des assemblées citoyennes pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2025.