(Karachi) Des nuées record de mouches s’abattent depuis des jours sur la plus grande ville du Pakistan, Karachi, conséquence d’une abondante mousson, transformant la vie des habitants en « enfer ».

Ashraf KHAN
Agence France-Presse

La chaotique mégapole de quelque 20 millions d’habitants située au bord de la mer d’Arabie a subi des inondations en série ces dernières semaines, alors que ses canalisations, encombrées de déchets, peinent à évacuer les fortes pluies caractéristiques de la saison estivale dans cette partie d’Asie du Sud.

« Je n’ai jamais vu une telle concentration de mouches de ma vie », témoigne un habitant, Abdul Aziz, 45 ans.

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« Des nuées de mouches couvrent en permanence la nourriture au marché. C’est ignoble. Les fruits en sont tellement couverts qu’on ne voit pas en dessous », souligne-t-il.

Sur un marché du quartier de Surjani, un commerçant, Zahid Ali, vend de la viande.

« Quand les clients viennent, ils repartent instinctivement dès qu’ils voient les essaims de mouches », se lamente-t-il. En outre, de nombreuses personnes employées sur le marché sont tombées malades, souligne-t-il.

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Shershah Syed, chirurgien et militant dans des associations de santé, confirme que l’actuelle invasion de mouches et de moustiques favorise les maladies.

« Cette fois, (les mouches) sont à leur pire niveau parce que l’eau de pluie ne peut pas être évacuée et parce que les tas d’ordures ne sont pas ramassés », souligne-t-il.

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« Le nombre d’enfants admis dans les hôpitaux pour des diarrhées ou pour dysenterie a grimpé en flèche cette année. Pour les enfants, qui sont les plus vulnérables aux maladies transmises par les mouches, le nombre a décuplé », selon lui.

Bien que Karachi pèse pour quelque 60 % de l’économie pakistanaise, ses infrastructures sont en piteux état et les services municipaux sont défaillants.  

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La cité portuaire s’est retrouvée classée cette semaine parmi les villes les moins vivables du monde, côtoyant les capitales libyenne Tripoli et syrienne Damas, selon l’« Economist Intelligence Unit », la cellule de recherche et d’analyse affiliée à l’hebdomadaire britannique The Economist.  

« Les habitants de Karachi sont devenus indifférents à l’idée de vivre parmi les déchets médicaux, des gouttières qui débordent, des routes défoncées et une absence totale de tout système de transports publics décent », s’indigne un usager de Twitter, Saadat Ali Zia.

« Nous vivons en enfer », renchérit un autre, Farooq Afridi.