Un « parc écologique » verra le jour sur le site de l’aéroport Montréal-Trudeau, au nord-ouest des pistes, a appris La Presse.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Le site de 19 hectares — ce qui équivaut à la moitié du parc La Fontaine — est situé entre le Golf Dorval et l’avenue Marie-Curie, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, et se trouve à proximité de la future station du Réseau express métropolitain (REM) du Technoparc.

La création de ce parc écologique, qui sera annoncée aujourd’hui, s’inscrit dans l’engagement d’ADM à protéger l’endroit, prisé notamment par les ornithologues amateurs.

Le site, qui abrite des marais, des marécages et un boisé mature, sera d’ailleurs ouvert au public, avec des sentiers aménagés et des panneaux d’interprétation de la faune.

Aéroports de Montréal (ADM) a procédé à un inventaire écologique du futur parc ; quelque 150 espèces d’oiseaux y ont été répertoriées, dont le petit blongios, une espèce en péril, ainsi que de nombreux mammifères, comme la chauve-souris, le lapin, le rat musqué et la mouffette.

Une importante corvée de nettoyage sera cependant nécessaire, puisque le site comporte des décharges illégales et que des déchets sauvages se sont accumulés au fil du temps ; elle sera réalisée après la saison migratoire, vers la fin d’octobre.

L’aménagement des lieux se fera ensuite, avant le retour des oiseaux migrateurs, au plus tard en mai, en vue d’une ouverture au public au printemps.

Contacté par La Presse, le cabinet du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a confirmé la création de ce parc écologique.

« C’est un projet qui me tient à cœur, car plusieurs membres de la communauté m’ont exprimé leur désir de voir ces terres protégées », a indiqué le ministre Garneau dans une déclaration écrite transmise par sa porte-parole, Delphine Denis.

Il n’a pas été possible de connaître dans l’immédiat les investissements requis pour la réalisation de ce projet.

Milieu humide fragile

Le futur parc écologique de l’aéroport Montréal-Trudeau est situé dans un secteur doté d’une riche biodiversité, mais sous forte pression.

Le ministère de l’Environnement du Québec avait d’ailleurs fait part en 2016 de sa grande inquiétude quant aux impacts de la construction du REM dans ce secteur.

Des études d’impact environnemental avaient jugé « inacceptables » les répercussions du projet sur deux espèces en péril : la couleuvre brune et le petit blongios, un héron dont il ne restait à l’époque que 1500 individus au Canada.

C’est ce qui avait amené CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement responsable de la réalisation du train électrique, à modifier sa technique de construction.

Plutôt que de creuser des tranchées, ce qui aurait fortement perturbé la faune et la flore, l’entreprise aura recours à une technique étanche, en faisant notamment appel à un tunnelier pour rejoindre l’aéroport, afin de n’avoir aucun impact sur les milieux humides que le train traverse.

Le tunnelier en question, provenant des États-Unis, est d’ailleurs attendu sur le site d’ici quelques semaines.

Il devra ensuite être assemblé. Les travaux de forage commenceront cet automne et devraient durer 12 mois.