(Québec) On attendait des centaines d’étudiants, il y a eu des dizaines de milliers de personnes. Hommes, femmes, parents, enfants et personnes âgées ont défilé en si grand nombre dans les rues de la capitale que des organisateurs se sont dits estomaqués par l’ampleur de la mobilisation.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

« On est plus qu’épatés, a lancé Camille Poirot-Bertrand, de La planète s’invite à l’Université Laval. On est très contents de voir les citoyens de Québec se mobiliser pour un enjeu aussi important. »

« Si on continue comme ça, si nos moyens de pression continuent d’augmenter sans cesse, à un moment donné on va la gagner, cette lutte », a-t-elle ajouté.

Il était 11 h lorsque le rassemblement a débuté près du Musée national des beaux-arts. La foule, d’abord surtout composée d’étudiants, était parsemée de pancartes de syndicats, de groupes écologistes, et on y trouvait des politiciens de différents partis.

Mais de minute en minute, elle s’est faite plus dense, plus étendue. On a commencé à y voir des parents, des enfants, des baby-boomers.

Lorsque le cortège s’est mis en branle sur la Grande Allée, il mesurait plusieurs centaines de mètres.

On espère qu’ensemble, on va faire comprendre au gouvernement qu’il doit faire des gestes qui aident l’environnement.

Clémence Boivin, élève du secondaire

À leur arrivée devant l’Assemblée nationale, peu après midi, les manifestants étaient attendus par un autre groupe. Le rond-point qui entoure la fontaine de Tourny était entièrement occupé.

Une élève de 5e secondaire, Chloé Proulx, a provoqué un tonnerre d’applaudissements lorsqu’elle a annoncé que 25 000 personnes étaient présentes. C’est, selon les organisateurs, la plus importante manifestation pour l’environnement de l’histoire de Québec.

« Le nombre de personnes est satisfaisant, mais on ne sera jamais assez, a cependant tempéré Célestine Uhde, une des organisatrices de l’événement. Ce qu’il faut, c’est un mouvement de masse. Ce qu’il faut, c’est que tout le monde réalise à quel point on est en urgence climatique. »

Le défilé s’est poursuivi tout l’après-midi dans le centre-ville de Québec. Le Service de police de la Ville de Québec n’a rapporté aucune arrestation ni aucun incident.

Politiciens

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a participé discrètement à la marche. Manifestement soucieux de ne pas faire de récupération politique, il était vêtu d’un chandail noir et coiffé d’une casquette des Remparts de Québec.

« Dans une communauté, ce qui peut être très malsain, c’est un fossé générationnel trop large », a-t-il indiqué.

Alors moi, je suis ici pour dire aux jeunes de Québec que je partage leur inquiétude, que je suis solidaire.

Régis Labeaume, maire de Québec

Plusieurs autres politiciens étaient sur place. Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos et le candidat libéral Joël Lightbound étaient présents. Sylvain Roy du Parti québécois et plusieurs élus de Québec solidaire y étaient aussi.

Aucun élu de la Coalition avenir Québec ne s’est présenté à la manifestation, même si le parti compte plusieurs députés dans la région de Québec. Une absence qu’a relevée le député de Québec solidaire Sol Zanetti. Il y voit la preuve que le gouvernement est « frileux » sur la question de l’environnement.

« On a réussi à leur faire reconnaître l’urgence climatique cette semaine, a-t-il dit. Et là on voit que les babines et les bottines ne suivent pas. »