Pour les responsables du transport nantais, l'avenir, c'est... le bus.

Sébastien Templier

«Alors que c'est plus facile de faire deux kilomètres de tramway que deux kilomètres de bus, le développement ne peut pas porter malgré tout que sur le tramway. Il va donc falloir relancer le réseau d'autobus.»

Alain Boeswillwald rappelle que par sa taille, sa population et sa trame urbaine, Nantes ne peut aller beaucoup plus loin. «Le tramway, c'est très bien quand vous avez à transporter plus de 100 000 passagers par jour.»

Mais ce mode de transport représente un coût nettement plus élevé que le bus, rappelle le directeur général de la société de transports nantaise. «Il va falloir sortir de l'idée que la mobilité est peu chère. Avec un réseau performant, on peut faire admettre aux usagers que cela peut être plus cher. La mobilité a un coût, et ce n'est pas un produit que l'on doit brader.»

Si Nantes est l'un des meilleurs élèves en France sur le plan des transports écologiques, les efforts déployés sont néanmoins «insuffisants» à l'échelle européenne. Pour progresser, il faudra «faire des ruptures plus fortes dans cinq ou 10 ans, c'est-à-dire interdire, contraindre»", selon M.Boeswillwald. L'automobile est clairement visée. «Mais on ne peut contraindre que si on donne une solution», ajoute-t-il.

Une précision partagée par Yannick Curty. Pour le propriétaire de l'emblématique restaurant La Cigale, les profonds changements entrepris en matière de transports ne souffrent quasiment d'aucune contestation. «Cela fait partie d'une évolution nécessaire et indispensable. C'est incontournable.» Du moins sur le fond, car dans la forme, «cela a été un peu brutal», tempère le président de Plein Centre, l'association des commerçants du centre-ville de Nantes. Ses membres ont subi 18 mois de travaux pour les derniers aménagements. Le chiffre d'affaires a baissé de 50% pour les uns, la fermeture était inévitable pour les autres.

«La politique de transports publics a été un sujet que les élus se sont approprié de façon unanime. Cela fait partie des grands sujets consensuels», témoigne pour sa part Laurent Dejoie, maire de Vertou, ville de banlieue membre de la Communauté urbaine de Nantes Métropole.

L'agglomération nantaise a vu sa population augmenter de 10% au cours des 10 dernières années. Elle croît largement au-delà de ses limites. C'est sans doute là le plus grand défi qu'aura à relever sa politique verte.