L'électorat du Québec est particulier, parce qu'il vote pour les personnes plutôt que les partis politiques, croit le sondeur Jean-Marc Léger. Et le 1er octobre, il élira un gouvernement minoritaire.

Mis à jour le 21 sept. 2018
Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

M. Léger a pris la parole, vendredi, lors du congrès de la Fédération québécoise des municipalités à Montréal.

Fort de ses 30 ans d'expérience comme sondeur, il est formel: « Au Québec, on aime les individus, pas les options politiques, pas les partis, les individus. En Ontario, c'est l'inverse: on vote dans les partis, c'est institutionnel. Nous, on personnifie, on humanise », a-t-il dit.

Il a aussi dépeint l'électorat du Québec comme étant formé d'« électeurs contre », des électeurs qui sont très critiques et qui « votent contre » plutôt que de « voter pour ».

« Le citoyen électeur est plus critique qu'avant; il vote contre. C'est pour ça que ça varie autant dans les élections au Québec: on est insatisfait; ils sont peu inspirants et on vote contre », a-t-il résumé.

Faisant référence aux sondages qu'il mène partout au Canada, il souligne: « quand ça bouge de deux ou trois points au Canada anglais, c'est l'hystérie collective. Ici, ça bouge de 10 points, on appelle ça une saute d'humeur. »

M. Léger a souligné que 40 % des électeurs se décident lors du dernier week-end. Et lors de la dernière élection, 8 % ont dit l'avoir fait dans l'isoloir, donc au moment de voter.

Le sondeur s'est à peine aventuré dans les prédictions politiques pour le 1er octobre. « S'il y a quelque chose qui est à peu près sûr aujourd'hui, c'est qu'il va être minoritaire. On ne sait pas lequel, mais il va être minoritaire. »

PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE

Jean-Marc Léger