Un gouvernement caquiste permettrait aux immigrants qui échoueraient au test de français ou au test des valeurs de bénéficier d'une reprise d'examen « autant de fois qu'ils le veulent », a précisé François Legault mardi, accusant son adversaire libéral de mener une « campagne de peur sur l'immigration » et d'essayer de « détourner la campagne électorale ».

Publié le 18 sept. 2018
TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

« On n'embarquera pas dans le jeu de Philippe Couillard qui veut faire diversion parce que son bilan est indéfendable », a-t-il soutenu en conférence de presse, passant presque toute son allocation d'ouverture à attaquer le chef libéral.

« Je comprends que M. Couillard veut faire diversion parce qu'il ne faut pas oublier qu'actuellement, le Parti libéral fait l'objet d'une enquête de l'UPAC. Ça aussi, il ne veut pas en entendre parler. Il essaie de mettre en place une machine à peur libérale », a ajouté le chef caquiste. Il faisait allusion à l'enquête Mâchurer.

Quant au péquiste Jean-François Lisée, il est devenu selon lui un « allié de circonstance » de Philippe Couillard. « Il est contre un test des valeurs québécoises. Il aime mieux que ce soit le fédéral qui fasse un test de connaissances du Canada que d'avoir un test des valeurs québécoises. »

Selon lui, Philippe Couillard a « dépassé les bornes » au débat des chefs en anglais, lundi soir, en déclarant que les immigrants qui échoueraient aux tests seraient « déposés sur le pont Macdonald Cartier à Hull » pour s'en « débarrasser ».

François Legault a fait valoir que son plan en immigration n'a « rien d'excessif » et qu'« il n'y a rien d'épeurant là-dedans ». Il a rappelé que le fédéral fait passer un test linguistique - anglais ou français - et un examen sur la connaissance du pays à ceux qui veulent obtenir la citoyenneté canadienne.

Il est possible de rependre l'« examen pour la citoyenneté » en cas d'échec. Si une personne ne passe pas le test au deuxième essai, elle est convoquée à une entrevue avec un agent de la citoyenneté afin de vérifier si elle peut répondre aux exigences en matière de langue et de connaissance du Canada.

Questionné pour savoir si un gouvernement caquiste ferait preuve de la même souplesse, François Legault a déclaré que « s'il y a échec (les immigrants) vont pouvoir recommencer le test autant de fois qu'ils le veulent ». Il n'a pas donné plus de détails, la conférence de presse se terminant sur ces mots.

Son entourage a précisé par la suite que les nouveaux arrivants auraient trois ans pour passer les tests. En cas d'échec au terme du délai, un gouvernement caquiste accorderait un délai supplémentaire d'un an. Il y aurait donc jusqu'à quatre années pour se conformer aux exigences. Cet élément que le parti n'a pas signalé depuis le début de la campagne fait néanmoins partie d'un document d'orientation sur l'immigration diffusé le printemps dernier.

Rappelons qu'un gouvernement caquiste jugerait qu'un immigrant serait illégal si, à l'expiration des délais, il était toujours en situation d'échec. Il ne lui donnerait pas son certificat de sélection du Québec. Il s'en remettrait à Ottawa pour l'expulser.