Des élus montréalais invitent les chefs des quatre principaux partis provinciaux à s'engager à hausser les taxes sur les cigarettes au lendemain des élections. Ils réclament aussi une augmentation à 21 ans l'âge minimum pour acheter des produits du tabac.

Publié le 14 sept. 2018
Pierre-André Normandin LA PRESSE

L'élu Marvin Rotrand présentera une nouvelle motion sur la lutte au tabagisme lors du conseil municipal de lundi et mardi prochains. Si sa proposition est débattue à l'hôtel de ville de Montréal, le conseiller municipal espère en réalité que la question rebondira dans la campagne électorale.

À 29,80 $ par cartouche de 200 cigarettes, les taxes québécoises sont les plus faibles au Canada. Elles s'élèvent à 47,93 $ en Ontario et jusqu'à 67,43 $ au Manitoba. « Les gens pensent que les taxes sont plus élevées qu'ailleurs, mais c'est faux », a souligné Kevin Bilodeau, directeur québécois des relations gouvernementales à la Fondation des maladies du coeur et l'AVC. Son organisation, comme plusieurs organismes voués à la lutte au tabagisme, a décidé d'appuyer la motion du conseiller Rotrand, soulignant que le tabac est responsable d'environ 30 % des décès liés au cancer.

De 18 à 21 ans

Au-delà d'une hausse de taxes, la motion réclame que l'âge minimal pour acheter des produits du tabac passe de 18 à 21 ans. Il s'inspire ainsi d'une campagne lancée aux États-Unis, Tobacco 21, qui a convaincu 340 municipalités de hausser l'âge minimum pour acheter des produits du tabac. L'élu estime qu'une telle mesure pourrait contribuer à diminuer le tabagisme chez les jeunes.

À ceux qui pourraient trouver paradoxal d'avoir le droit de vote à 18 ans, mais pas d'acheter du tabac, la directrice de Tobacco 21, Katherine Ungar, répond que « voter ne finit pas par te tuer ».

Mais à l'aube de la légalisation du cannabis le 17 octobre, ne serait-il pas paradoxal de pouvoir acheter de la marijuana à 18 ans, mais pas du tabac ? « Je dois avouer être d'accord avec la position de François Legault [chef de la CAQ] et que l'âge minimum devrait être de 21 ans. Je ne veux pas que le pot serve à normaliser le fait de fumer », a commenté Marvin Rotrand.

Sauver des vies

Bien que les élus municipaux n'aient pas de pouvoirs en matière de santé, Marvin Rotrand estime qu'un tel débat à l'hôtel de ville importe malgré tout. « Si on adopte cette motion, on va sauver des vies », estime le conseiller de Snowdon.

Marvin Rotrand est sûr que sa proposition sera adoptée. La motion a reçu l'appui de l'opposition officielle. La mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, était d'ailleurs à ses côtés pour marquer sa solidarité.

Marvin Rotrand a profité de sa conférence de presse pour inviter la minorité d'élus montréalais qui fume à mettre fin à sa relation avec le tabac d'ici 6 mois.