Éric Caire pourra rester candidat de la Coalition avenir Québec même s'il a accepté un prêt personnel d'un maire de sa circonscription, a affirmé le chef François Legault mercredi. Il a cependant convenu que son député a commis une «erreur».

Mis à jour le 29 août 2018
Martin Croteau LA PRESSE

M. Caire, député de La Peltrie à Québec, ainsi que son ex-conjointe, Marie-Ève Lemay, ont reçu un prêt de 55 000 $ du maire de l'Ancienne-Lorette, Émile Loranger. Mme Lemay était chef de cabinet de M. Loranger.

M. Legault a convenu «qu'il y a une apparence de conflit d'intérêts» et que son candidat a commis une «erreur».

«Ce n'était pas une bonne idée, a dit M. Legault. Il aurait dû peut-être consulter le commissaire à l'éthique avant. Là, c'est réglé, il a remboursé.»

Le chef caquiste a confirmé qu'il a été informé du prêt dès le mois d'avril. À ses yeux, toutefois, le dossier est clos car M. Caire a depuis remboursé le prêt. Il n'est donc pas question qu'il lui demande de renoncer à sa candidature.

«Les gens, dans la vie, ça leur arrive parfois de prendre des mauvaises décisions, a dit M. Legault. Il n'y a pas de corruption là-dedans.»

M. Caire a expliqué que son ex-conjointe et lui avaient fait une promesse d'achat sur une maison au moment de leur rupture. Ils se sont alors retrouvés avec deux maisons à financer, d'où le coup de pouce du maire Loranger.

Le député a signalé cette dette à la Commissaire à l'éthique et à la déontologie dans sa déclaration d'intérêts annuelle. La commissaire, Ariane Mignolet, l'a enjoint de la rembourser rapidement car il s'était placé dans «une situation de conflit d'intérêts potentiel».

Le «shérif» de l'éthique de la CAQ épinglé, dit Lisée 

Pour Jean-François Lisée, le cas d'Éric Caire est «grave parce que c'est celui qu'on a nommé le shérif de l'éthique de la CAQ».

«C'est celui qui donnait des leçons à tout le monde. (...) Il est avéré qu'il s'est mis en conflit d'intérêts. Alors je demande à M. Legault qu'est-ce que ça veut dire zéro tolérance sur la question de l'intégrité à la CAQ? Pour l'instant, ça ne veut rien dire», a dit mercredi le chef péquiste. 

- Avec Hugo Pilon-Larose