Le ministère de l’Enseignement supérieur injectera 112 millions sur cinq ans

Publié le 13 mai
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

Un programme de mobilité étudiante amélioré et des bourses bonifiées : Québec met le paquet pour attirer les jeunes des grands centres dans les cégeps de régions.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a dévoilé jeudi son nouveau plan pour mousser la mobilité étudiante : le programme Parcours, qui permettra, d’ici cinq ans, à 5000 cégépiens d’étudier en région.

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

À compter de l’automne prochain, les étudiants qui s’inscriront dans l’un des 18 cégeps de région admissibles recevront une bourse annuelle de 7500 $ et ce, tous programmes confondus.

Les cégeps d’accueil seront aussi compensés. Québec leur remettra 1500 $ par étudiant, afin qu’ils veillent à leur intégration et qu’ils fassent la promotion des bourses.

Au total, le Ministère injectera près de 112 millions sur cinq ans dans le programme, dont un peu plus de 6 millions seront versés en 2022-2023.

Dès la première année, la ministre Danielle McCann espère convaincre 1000 élèves de tenter l’expérience. La marche sera haute : l’an dernier, moins de 400 cégépiens avaient quitté le nid familial pour étudier en région.

Pourtant, il existe depuis plusieurs années un programme de mobilité étudiante au Québec. Pour attirer les jeunes, les bourses ont été généreusement bonifiées. (Dans l’ancienne mouture, un boursier touchait en moyenne 1500 $).

« On va aussi identifier avec les régions d’accueil et d’autres ministères la mise en place d’autres incitatifs, par exemple, ce qui touche le transport, l’accès à des activités culturelles, le sport et le loisir », a annoncé Mme McCann, en visite au cégep de Saint-Félicien.

Vitaliser les régions

Avec un programme plus costaud, Québec espère favoriser la vitalité des régions et mieux répartir les élèves dans le réseau collégial. Environ 12 000 places sont disponibles dans les cégeps de région.

Pendant ce temps, les cégeps du Grand Montréal débordent et se préparent à affronter une vague de plusieurs milliers d’élèves dans les prochaines années.

La mobilité étudiante, croit Danielle McCann, est un « élément de réponse aux changements démographiques auxquels notre société est confrontée ».

D’ailleurs, il sera possible de cumuler une bourse Parcours à une bourse Perspectives Québec, qui vise les secteurs en manque de main-d’œuvre dans les services publics et les domaines stratégiques ciblés.

Une promotion nationale

Depuis longtemps, des acteurs du milieu collégial demandaient une réforme du programme de mobilité étudiante adopté en 2016.

Le Regroupement des cégeps de région (RCR), qui a participé à l’élaboration de la nouvelle mouture, avait un souhait en particulier : faire une promotion nationale du programme, trop peu connu. « Et le gouvernement s’est engagé à le faire », a salué Marie-Claude Deschênes, porte-parole du RCR.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) insiste elle aussi sur l’importance d’une promotion forte et concertée, dès l’école secondaire. Elle veut un plan concret du Ministère.

Si le programme original n’a pas atteint pleinement ses objectifs, c’est en raison du manque « de financement et de coordination nationale » dans sa promotion, a déploré la FECQ dans un communiqué.

Mais le Ministère avance dans la bonne direction, croit Mme Deschênes. Le nouveau nom du programme, plus attirant et évocateur, en est un bon exemple.

« “Parcours” réfère au parcours académique, au parcours de vie, à parcourir le Québec. Il y a quelque chose de plus attrayant pour un jeune », dit-elle.

Trouver un toit aux étudiants

Si le programme fonctionne comme espéré, les cégeps de région feront face à un autre défi : trouver un toit à tous ces étudiants, alors qu’il manque de logements partout. Le RCR s’y attaque déjà, et sent la volonté du gouvernement de faire de même.

« Ça fait partie de nos grands chantiers de travail, toute la question des infrastructures d’accueil. L’attractivité dans les régions, ça comprend le logement », conclut Mme Deschênes.