(Québec ) Jean-François Roberge promet de nouvelles mesures pour lever les barrières financières qui minent l’accès aux programmes particuliers dans les écoles publiques afin d’augmenter leur accessibilité.

Publié le 4 mai
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le ministre de l’Éducation en a fait l’annonce mercredi à l’étude des crédits de son ministère, un important exercice de reddition de compte annuel au parlement.

Questionné par la députée de Québec solidaire Christine Labrie, M. Roberge a affirmé qu’il faut « favoriser l’accessibilité » aux programmes particuliers, comme les programmes arts-études, sports-études, sciences et autres. Le ministre a ajouté qu’un enfant ne devrait pas « être privé de s’inscrire [dans ces programmes] en fonction du revenu de ses parents ».

Jean-François Roberge a toutefois fourni peu de détails pour expliquer comment le gouvernement lèvera les frais actuellement exigés aux parents. Il a promis qu’une annonce serait faite dans les prochaines semaines et que des fonds seraient spécifiquement dédiés à cet enjeu.

Cette nouvelle position est un changement de cap pour le gouvernement Legault. Au printemps 2019, les partis d’opposition avaient unanimement réclamé la gratuité pour ces programmes, alors que Québec menait des consultations publiques au sujet du projet de loi 12 « visant à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre l’encadrement de certaines contributions financières pouvant être exigées ». Le projet de loi adopté prévoit que « le droit à la gratuité des services éducatifs […] ne s’étend pas aux services dispensés dans le cadre de projets pédagogiques particuliers ».

« Les parents acceptent qu’il y ait des projets particuliers, ils acceptent qu’il y ait des frais pour ces projets qui sont spécifiques », avait justifié le ministre Roberge.

Bilan des maternelles 4 ans

La députée libérale Marwah Rizqy et la députée péquiste Véronique Hivon ont également questionné mercredi le ministre Roberge sur l’état du déploiement des maternelles 4 ans, une promesse phare de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors de la dernière élection.

En réponse à Mme Hivon, le ministre de l’Éducation a affirmé que près du trois quarts des enfants qui fréquentent une classe de maternelle 4 ans cette année (74 %) fréquentaient auparavant une garderie reconnue. Pour la porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation et de famille, cette donnée est inquiétante, puisque Québec visait avant tout les familles issues de milieux qui n’envoient pas leur enfant dans un service de garde éducatif.

« Il faut faire une campagne massive de sensibilisation auprès des maisons de la famille, des haltes-garderies et des endroits fréquentés par les familles où les enfants ne vont pas dans un milieu de garde éducatif à temps plein. Il faut aller dans les milieux vulnérables, auprès des organismes communautaires et des organismes qui accueillent les nouveaux arrivants », a plaidé Mme Hivon.