Les responsables de service de garde en milieu familial (RSG) recevront une subvention supplémentaire de 16 %, a annoncé le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, lundi matin. Cette annonce vise à mettre un frein aux fermetures de garderies et à attirer des travailleurs dans le réseau.

Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

Le gouvernement avait déjà accordé une augmentation de 12 % des subventions aux RSG, dans le cadre du renouvellement de leur convention collective, à l’automne 2020. Cette entente prévoyait aussi la création d’un comité, présidé par le fiscaliste Luc Godbout, afin de mesurer le travail des RSG et de leur accorder un financement adéquat.

Les conclusions du comité ont ainsi permis cette nouvelle hausse de 16 %. Au total, les subventions augmentent donc de près de 30 % pour 2019-2023 pour les 7800 RSG affiliés à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). Ce groupe représente 74 % des RSG.

Ainsi, le revenu net d’une RSG qui accueille six enfants passera de 38 000 $ à 44 000 $. Le revenu net d’une RSG qui accueille cinq enfants et un poupon passera quant à lui de 41 000 $ à 47 000 $.

« Le travail en service de garde en milieu familial, c’est un travail qui est exigeant, c’est un travail qui n’est pas toujours valorisé autant qu’il le devrait. Mais aujourd’hui, je veux dire à toutes ces femmes de cœur qu’elles sont de précieuses alliées et qu’on a besoin d’elles dans le réseau [de garderies] », a déclaré M. Lacombe, dans une conférence de presse à Montréal.

Ces augmentations de subventions sont du « jamais vu », a pour sa part souligné Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ.

« Pendant longtemps, vous m’avez entendu dire qu’il fallait donner un coup de barre dans notre réseau. C’est ce qu’on vient de faire avec cette nouvelle », a déclaré Mme Grenon. « Cette bonne nouvelle va permettre de recruter de nouvelles responsables de milieux familiaux. On donne aussi une tape dans le dos des responsables qui sont là depuis 5, 10, 15, 20 ans », a-t-elle poursuivi.

Depuis 2014, le gouvernement estime qu’il perd 4000 places en service de garde en milieu familial. Sonia Lebel, présidente du Conseil du Trésor, a déclaré que cette annonce était « importante pour veiller à la stabilité du réseau [des garderies] et pour veiller à son développement. »

D’autres annonces à venir

La FIPEQ-CSQ continue d’ailleurs à négocier la prochaine convention collective pour les travailleuses des Centres de la petite enfance (CPE). Deux journées de grèves ont d’ailleurs été votées, les 12 et 13 octobre prochain. « Les négociations vont bien. [La grève], c’est une stratégie pour faire avancer les choses », a expliqué Mme Grenon, lundi matin.

Le ministre Lacombe a aussi confirmé que son livre blanc et son projet de loi afin de réformer le réseau de garderies au Québec seront dévoilés d’ici la fin du mois d’octobre. Ceux-ci devaient donc être déposés quelque part après le discours d’ouverture de l’Assemblée nationale, le 19 octobre. Le projet de loi prévoit notamment la révision des politiques d’admission dans les CPE et la refonte du processus d’appels de projets.

« Dans le cadre de ce grand chantier, il y aura d’autres avancées supplémentaires pour les RSG notamment en ce qui concerne l’administration et la paperasse », a promis Mathieu Lacombe.