Le décès tragique d’une élève montréalaise de quatrième secondaire, morte mardi à la suite d’un malaise physique survenu en classe à l’école secondaire Louis-Riel, a fait monter la tension, mercredi, entre un groupe d’opposants à la vaccination et des enseignants qui tentaient de les empêcher de s’adresser aux élèves.

Tristan Péloquin
Tristan Péloquin La Presse

L’affrontement verbal est survenu aux abords de l’établissement scolaire de l’est de Montréal, à l’heure du repas, le jour même où commençait la campagne de vaccination des élèves à l’intérieur de l’école.

Le petit groupe de militants antivaccins soutient que la mort de l’élève est survenue après l’inoculation du vaccin contre la COVID-19 et que l’école cache la vérité. Or, la vaccination à l’école n’a commencé que mercredi, au lendemain de l’intervention des techniciens d’Urgences-santé, confirme le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

« Concernant les rumeurs qui circulent en lien avec le décès d’une jeune femme à l’école Louis-Riel, le 7 septembre dernier, nous tenons à préciser que notre équipe de vaccination COVID-19 était présente à cette école [mercredi], le 8 septembre, soit le lendemain du décès de la jeune femme », a confirmé le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, dans un communiqué publié jeudi matin.

Sur Twitter, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est dit « scandalisé par ces manifestants qui ont instrumentalisé le décès tragique d’une jeune fille pour alimenter la désinformation ». « C’est un geste irresponsable et j’offre toutes mes condoléances aux proches de la victime et au personnel scolaire », a-t-il écrit.

« Les opposants à la vaccination peuvent manifester, mais s’il vous plaît, n’allez pas dans les écoles. Laissez les élèves tranquilles », a pour sa part réagi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en marge du caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec, au Centre des congrès de Québec.

Investigation

Les causes précises du décès de l’élève demeurent pour l’instant inconnues. Le Bureau du coroner a confirmé à La Presse que l’évènement « fait l’objet d’une investigation afin de faire la lumière sur les causes et circonstances du décès », a indiqué son porte-parole Jake Lamotta Granato.

Urgences-santé a été appelé vers 15 h mardi pour réanimer l’adolescente de 14 ans, après qu’elle se fut effondrée en classe à la suite d’un arrêt cardiorespiratoire. Selon nos informations, elle avait un stimulateur cardiaque.

« Compte tenu de l’état critique dans lequel elle se trouvait, elle a été transportée à l’hôpital », a confirmé le porte-parole d’Urgences-santé, Jean-Mari Dufresne. Son décès a été confirmé à La Presse par le centre de services scolaire de Montréal mercredi.

Un enseignant outré

« C’est tout à fait inacceptable que des gens instrumentalisent le décès tragique d’une élève pour faire avancer leur campagne de mensonge et de désinformation », déplore l’enseignant Xavier Watso, qui est intervenu auprès des militants antivaccins qui abordaient les élèves.

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE XAVIER WATSO

L’un des militants antivaccins qui ont abordé les élèves à l’école secondaire Louis-Riel

« Ils étaient une petite gang à interpeller les élèves et à leur dire de ne pas se faire vacciner parce que c’est dangereux. J’étais choqué comme je l’ai rarement été. L’école est en deuil, et ces gens-là sont arrivés alors que des élèves étaient en pleurs. Ils approchaient n’importe quel élève, qu’ils soient concernés ou non par la situation. C’est du harcèlement », dénonce l’enseignant.

Selon nos informations provenant de différentes sources, l’élève aurait en fait reçu sa deuxième dose de vaccin il y a plus de deux mois.

La Presse a tenté de communiquer avec la famille de la victime de différentes façons depuis mercredi soir, mais sans succès.

Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose, La Presse