(Saint-Jérôme) C’était jour de rentrée, lundi, pour les élèves du secondaire de la province. Après environ un mois passé à la maison, c’est dans l’enthousiasme que le retour s’est fait à l’école des Hauts-Sommets, à Saint-Jérôme. Oui, il y avait les masques, le Purell, la distanciation, mais il y avait aussi le plaisir de se revoir en vrai.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Il était un peu passé 9 h, lundi, quand Koralie Laferrière et Floriane Cloutier sont débarquées dans le bureau de la surveillante de l’école. Après un mois à la maison, les jeunes filles ne savaient plus exactement où était leur casier. « Le confinement nous a atteintes », ont rigolé, survoltées, les élèves de deuxième secondaire.

« Prenez votre temps pour faire votre numéro de cadenas et arrêtez de déconner », a répondu Diane Cloutier d’un ton sans appel. Arrivée quelques mois après l’ouverture de l’école en 2004, la surveillante connaît le prénom de tous les élèves, et tous semblent savoir qui elle est. « C’est le moteur de l’école », dit d’elle le directeur Danis Carignan. « Tous les élèves l’aiment. »

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Diane Cloutier, surveillante à l’école des Hauts-Sommets

En cette première journée de retour des jeunes, elle était sur tous les fronts. Dans un corridor, un élève en adaptation scolaire l’a interpellée parce qu’il avait « mal à la main ». Diane Cloutier s’est arrêtée, mais l’examen médical a été de courte durée. « Je pense que c’est à cause de la manière dont je tiens mes cahiers », a avancé le jeune homme. Affaire réglée.

Une distribution réglée au quart de tour

Voilà pour la vie normale de l’école secondaire, qui reprend après une pause prolongée décrétée par Québec. Mais parce qu’on est en pandémie, les consignes sanitaires s’ajoutent. Depuis presque un an, chaque annonce du gouvernement apporte ses changements, et lundi, ce sont des centaines de masques médicaux qui devaient être distribués aux élèves.

Le directeur avait formé une petite équipe chargée de faire le tour des classes le matin pour les remettre aux jeunes. Chaque fois, la personne faisait un court laïus sur la manière de le tenir et de le mettre. « Pendant ce temps-là, on ne travaille pas », s’est réjouie une élève, provoquant des rires autour d’elle.

Souhaitons-lui d’avoir profité de cette pause : dès qu’il sortait d’un local, le directeur de l’école jetait un coup d’œil à sa montre. À la fin de la matinée, il se félicitait d’avoir distribué les masques dans deux classes en moins de cinq minutes.

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Danis Carignan, directeur de l’école des Hauts-Sommets

À la fin de la semaine, la distribution des masques va rentrer dans l’ordre.

Danis Carignan, directeur de l’école des Hauts-Sommets

Malgré leur nonchalance parfois feinte et l’observation qu’ils seraient « mieux en pyjama », dans « le confort de la maison », bien des élèves se disaient heureux d’être à nouveau sur les bancs d’école. « Voir des amis, ça fait du bien », a affirmé Andréane Racine, élève de quatrième secondaire.

Et son enseignante de mathématiques, est-elle contente d’être en classe ? « Ah oui », a dit en soupirant Marie-Hélène Genest. L’enseignement à distance s’est bien passé pour elle, ses élèves faisant l’école en alternance depuis le mois d’octobre, mais son travail, c’est « de donner un spectacle, d’être avec eux, de voir leurs yeux ».

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Marie-Hélène Genest, enseignante de mathématiques en 4e secondaire

Je m’ennuyais d’eux autres.

Marie-Hélène Genest, enseignante de mathématiques en 4e secondaire

Il ne faut pas beaucoup de temps pour constater que malgré tous les efforts déployés, il y a un travail de terrain qui se fait difficilement à travers les écrans. Après être allée porter des masques dans une classe, la surveillante Diane Cloutier a croisé dans les escaliers une élève de quatrième secondaire arrivée plusieurs minutes avant la cloche.

« T’es de bonne heure à matin ! T’es-tu contente de revenir ? », lui a-t-elle demandé tout bonnement. « J’ai fait des crises d’angoisse avant d’arriver », a dit timidement la jeune femme, avant de fixer le plancher sans arriver pour autant à cacher ses larmes.

« Viens avec moi », a dit Diane Cloutier en raccompagnant l’élève vers son bureau.

Sur le grand tableau où on voit les photos du personnel de l’école, la photo de la surveillante Diane Cloutier n’y figure pas. En lieu et place, c’est une illustration de Superwoman. Quand on demande une explication, le directeur Danis Carignan répond en souriant, l’air d’être fier de son coup : « C’est moi qui l’ai mise là. »

Une journée sur deux en zone rouge

Si les élèves du primaire sont revenus à temps plein à l’école, les élèves de troisième à cinquième secondaire dont les écoles sont en zone rouge font encore, à mi-temps, l’école à distance de la maison. Les plus jeunes sont présents à l’école à temps plein. Le port du masque est obligatoire en tout temps dans l’école, sur le terrain et dans le transport scolaire. Il n’y a que dans les cours d’éducation physique qu’il peut être retiré, mais la distanciation physique doit alors être respectée.