Québec augmente de 4,5 % les dépenses en éducation en 2020-2021, ce qui représente des investissements additionnels de 260 millions de dollars. D’ici cinq ans, 1,5 milliard supplémentaire servira à venir en aide aux élèves en difficulté, embaucher des professionnels, améliorer la diplomation aux cycles supérieurs, mais aussi à entretenir les écoles défraîchies et à poursuivre l’implantation des maternelles 4 ans.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

D’ici 2024-2025, Québec entend investir 126 millions pour assurer un « seuil minimal » de services aux élèves à besoin particuliers, notamment en embauchant des professionnels chargés de leur apporter du soutien.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, assure que tous les professionnels promis l’an dernier sont dans les écoles. « Les postes ont été pourvus. On a plus de 700 professionnels qui ont été embauchés, et là on en ajoute 300 de plus », dit M. Roberge. Il estime que c’est là une condition à l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves, mais aussi à l’attrait des jeunes pour la profession enseignante.

Comme l’an dernier, Québec prévoit à la prochaine rentrée scolaire l’ouverture de 150 nouvelles classes spécialisées pour les élèves en difficulté, mais ajoute qu’elles pourront aussi être pour les « élèves doués ».

« On parle beaucoup d’élèves qui ont des besoins particuliers […] et de plus en plus on sait qu’un certain nombre d’élèves ont de la douance et une grande facilité. Eux aussi ont des besoins particuliers et ont le droit de recevoir des services différents. On ouvre cette porte-là cette année », a déclaré le ministre Roberge. Mardi, il n’a pas été en mesure de chiffrer le nombre de classes qui seraient dédiées à ces élèves.

Le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Malette, craint que l’ouverture de classes pour les élèves doués ne soit qu’un prétexte servant à créer davantage de projets particuliers. Il estime que le gouvernement devrait réaliser ses promesses de l’an dernier avant d’en faire d’autres.

Encourager les études aux cycles supérieurs

Québec souhaite en outre encourager les inscriptions dans les cégeps et les universités, mais veut aussi aider les étudiants à obtenir leur diplôme une fois qu’ils y sont entrés.

Au total, c’est 300 millions qui seront investis d’ici cinq ans pour accroître les taux de diplomation des étudiants aux cycles supérieurs, notamment dans les domaines des sciences, de la recherche, du génie et de l’informatique. « En améliorant le taux de diplomation au collégial et à l’université, on va être capable de combler plusieurs emplois qui sont en ce moment en pénurie de main-d’œuvre », dit le ministre Roberge.

Les collèges et les universités se partageront également 150 millions sur cinq ans pour « créer des créneaux d’avenir dans des domaines tels que l’intelligence artificielle et les innovations technologiques ».

Comme il l’a fait l’an dernier pour les étudiants universitaires en enseignement, le gouvernement Legault va offrir des bourses d’excellence à des étudiants en sciences de l’informatique ainsi qu’en génie informatique, génie électrique, génie électronique et des communications. Ils pourront recevoir 1000 $ à l’issue d’un premier trimestre de formation et la même somme à l’obtention d’un diplôme, jusqu’à concurrence de 2000 $.

À l’Union étudiante du Québec et à la Fédération étudiante collégiale du Québec, on aurait préféré une bonification du programme de prêts et bourses plutôt que des bourses d’excellence dédiées à des programmes de formation précis.

Des milliards pour les rénovations et l’entretien des écoles

Le gouvernement Legault prend à nouveau acte de la vétusté des écoles de la province, dont 54 % sont en mauvais ou en très mauvais état. D’ici 2030, Québec prévoit investir plus de 19,1 milliards dans les écoles primaires et secondaires, et plus de 70 % de cette somme sera consacrée à leur rénovation et à leur entretien. Le reste ira à l’agrandissement et à la construction de nouvelles écoles.

D’ici trois ans, Québec souhaite que la moitié de ses établissements soient jugés en bon état. Pour y arriver, on entend s’attaquer en priorité aux problèmes de qualité de l’air et de moisissure et réparer « rapidement certaines composantes critiques » qui arrivent en fin de vie, comme les toitures, les fenêtres, ainsi que les systèmes de ventilation et de chauffage.

Il ne faudra pas seulement rénover, il faudra aussi construire des écoles et 5,6 milliards de dollars sont prévus en ce sens au Plan québécois des infrastructures 2020-2030. Québec prévoit que d’ici 2028-2029, il manquera 25 000 « places-élèves » dans les écoles secondaires, principalement dans la grande région de Montréal. Seulement pour la maternelle 4 ans, le gouvernement estime qu’il faudra 1200 classes de plus dans les écoles primaires.

Encore plus de maternelles 4 ans

Le déploiement des classes de maternelle 4 ans se poursuivra dès la prochaine rentrée scolaire, avec l’ajout de 350 nouvelles classes, pour porter leur nombre 1010 à la prochaine rentrée. D’ici cinq ans, Québec investira près de 137 millions pour que les écoles achètent du matériel éducatif adapté à ces nouveaux élèves, mais aussi pour embaucher des enseignants spécialistes et fournir des locaux aux camps de jour pour accueillir ces enfants l’été. Il devrait alors y avoir 2600 classes de maternelle 4 ans.

« C’est l’obsession de la maternelle 4 ans, ce n’est pas de ça que le réseau a besoin », a déclaré Carlos Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de Finances.

Garderies : 6000 nouvelles places subventionnées

Le gouvernement ajoutera cette année 6000 nouvelles places de garde subventionnées. De ce nombre, 2500 seront créées en CPE, tandis que les autres proviendront de la conversion de places non subventionnées. Québec entend accélérer la réalisation des 15 340 places annoncées par le précédent. L’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) considère qu’il s’agit d’un « signal positif » de la part du gouvernement, mais que c’est encore loin de répondre aux besoins des quelque 40 000 parents qui attendent une place en garderie pour leur enfant.