« Sens du devoir », « sens du civisme et des responsabilités » : pour éviter de se retrouver avec des cas de coronavirus entre leurs murs, les écoles québécoises font appel aux parents qui ont voyagé avec leurs enfants pendant la semaine de relâche pour qu’ils redoublent de vigilance.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Le ministère de l’Éducation a transmis dimanche une directive à toutes les écoles, incluant les établissements postsecondaires, leur demandant de « faire circuler l’information diffusée par le ministère de la Santé et des Services sociaux » à propos du COVID-19.

« Toutes les organisations scolaires et tous les établissements d’enseignement ont un rôle important à jouer », écrit le sous-ministre de l’Éducation, Éric Blackburn. « Sachez que les directions régionales de santé publique peuvent vous soutenir dans l’élaboration d’une réponse spécifique à vos besoins si une situation survient dans vos établissements », ajoute-t-il dans cette même lettre.

Pour l’instant, aucun cas de COVID-19 n’a été rapporté dans une école de la province.

Les directives envoyées aux parents varient selon les écoles et les commissions scolaires. Dans une lettre envoyée au personnel et aux parents, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) assure qu’elle suit la situation de près en cette semaine de retour de relâche.

Même si, à l’heure actuelle au Québec, le risque de contracter le virus est jugé faible, la prudence et la prévention sont de mise.

Robert Gendron, directeur général de la CSDM

Comme la CSDM, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) renvoie les parents vers les recommandations de la santé publique, comme se laver les mains pendant au moins 20 secondes et jeter chaque mouchoir à la poubelle après une utilisation. « Nous vous demandons d’en prendre connaissance et d’encourager vos enfants à mettre en pratique ces actions par souci de prévention », écrit son directeur général, Dominic Bertrand.

À l’Académie Michèle Provost, un établissement privé de Montréal, la direction demande quant à elle aux personnes ayant voyagé dans une zone à risque « comme la Chine, la France, l’Italie, l’Iran… de respecter une quarantaine de 14 jours ».

Ces recommandations ne sont pas en phase avec celles transmises par le ministère de l’Éducation, qui rappelle que seuls les voyageurs en provenance de la province de Hubei, en Chine, et de l’Iran « sont invités à s’isoler volontairement ». Quant à la France, le gouvernement canadien ne la classe pas dans les zones à risque. Le directeur général de l’établissement n’a pas souhaité s’entretenir avec La Presse à ce sujet lundi.

Les enseignants plutôt rassurés

Dans les écoles, la vie a repris son cours normal après les vacances et l’inquiétude par rapport au coronavirus ne semble pas avoir gagné le personnel.

« On a eu très peu d’appels concernant [le coronavirus], mais ce qu’on se dit, c’est que plus les cas vont se rapprocher de notre territoire, plus il y aura de questions », dit Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain, qui représente des enseignants de la Rive-Sud de Montréal.

Il note que la commission scolaire Marie-Victorin a envoyé des directives aux écoles pour demander de rappeler aux élèves les mesures d’hygiène de base, comme se laver les mains et tousser dans le pli du coude. Des affiches sont installées devant les lavabos, par exemple.

Éric Gingras estime qu’il y a eu un « avant et un après la grippe H1N1 » dans les écoles en matière d’hygiène et que l’arrivée du COVID-19 ne fait que rappeler la nécessité de suivre les consignes. Avec la menace du coronavirus qui plane, « on dit aux gens de remettre les pancartes », explique-t-il.