La députée de Joliette, Véronique Hivon, s’oppose au projet d’université à Terrebonne. Il faut plutôt poursuivre le développement d’une offre de formation dans toute la région de Lanaudière, soutient la porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation. Des réticences se manifestent également chez des maires de la région.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

La Presse a révélé mardi que le gouvernement Legault voyait d’un bon œil ce projet de campus universitaire qui relèverait de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et dont la Ville de Terrebonne est l’un des instigateurs.

« Chaque maire du Québec a le droit de rêver d’avoir un campus universitaire en bonne et due forme sur son territoire, mais de voir le gouvernement embarquer là-dedans, c’est extrêmement décevant et inquiétant. [Car] cela signifie mettre aux poubelles un modèle unique et responsable d’offre fondée d’abord sur les besoins des étudiants », affirme Véronique Hivon.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Véronique Hivon, députée de Joliette

Collaboration avec trois universités

À l’heure actuelle, l’UQTR offre des programmes de premier cycle à Joliette et à Terrebonne ; elle en offrira à L’Assomption à compter de septembre. L’Université de Montréal et l’Université du Québec à Montréal offrent également des programmes dans la région. Les cours se donnent souvent dans des locaux du cégep régional.

Le Centre régional universitaire de Lanaudière (CRUL), une jeune organisation, veille au déploiement de l’offre universitaire dans plusieurs villes de la région avec la collaboration des trois universités.

Le projet d’université à Terrebonne « va complètement à l’encontre de l’idée originale du CRUL, un partenariat qui devait viser à favoriser la diplomation des étudiants de l’ensemble de Lanaudière et éviter à tout prix précisément une guerre de clochers entre le nord et le sud de la région », estime Véronique Hivon. Elle souligne que ce modèle décentralisé « était soutenu avant la dernière élection par l’ensemble des députés caquistes de la région, y compris par le premier ministre et député de L’Assomption lui-même ! N’a-t-il fallu que l’arrivée d’un nouveau député de Terrebonne en la personne de Pierre Fitzgibbon pour que tout cela vole en éclats ? »

Elle ajoute que le retard de diplomation est plus important dans le nord de la région que dans le secteur de Terrebonne.

« Penser autant au nord qu’au sud »

De son côté, la mairesse de Repentigny, Chantal Deschamps, invite Québec à la prudence. « Avant de penser à investir des sommes colossales dans le béton, il faut être capable tout de suite de déployer une offre de service en formation universitaire [dans l’ensemble de la région]. C’est trop urgent », plaide Mme Deschamps, qui vante le modèle du CRUL, dont elle est la présidente.

« Je ne peux pas empêcher les collègues élus, maires et mairesses, d’avoir des ambitions d’accueillir éventuellement un campus, mais on n’est pas là, ajoute-t-elle. L’idée n’est pas mauvaise, mais le jour où on fera le choix d’un campus, il faudra penser autant au nord qu’au sud. »

Pour le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau, « le meilleur des scénarios » serait un « système hybride » : l’implantation d’un « campus principal » et le maintien d’une « desserte régionale » de programmes universitaires. Quant à l’emplacement du campus, « on dit Terrebonne, mais est-ce qu’une autre MRC pourrait s’y prêter ? Je pense que ça mérite de se poser comme question », mentionne-t-il.