Certaines écoles fréquentées par les communautés juives ultra-orthodoxes de Montréal poursuivent leurs activités malgré la fermeture. Alors que le cabinet du ministre Roberge juge la situation « inacceptable », les écoles soutiennent respecter le décret gouvernemental qui permet aux élèves ne bénéficiant pas de la technologie nécessaire à l’enseignement à distance de se présenter à l’école en personne.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

« Effectivement, certaines communautés juives ultra-orthodoxes n’ont pas le service internet et le câble », explique Alain Picard, conseiller en communication pour les communautés ultra-orthodoxes. On ignore combien d’établissements demeurent en activité, mais l’École communautaire Skver et l’Académie Beth Esther dans le secteur d’Outremont en font partie. L’Académie Beth Esther n’est pas reconnue par le ministère de l’Éducation.

Plusieurs écoles maintiennent leur fermeture et quelques établissements, dont certains visités par La Presse mardi, abritent aussi des garderies pour les plus jeunes enfants.

Sans les outils technologiques nécessaires, on ne peut coordonner l’école à distance pour ces établissements, rapporte M. Picard. « Les directions de ces établissements soutiennent qu’à la lumière des directives, elles ont le droit d’ouvrir. »

« Cette situation est inacceptable », juge le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Aucune présence en classe entre le 17 décembre et le 10 janvier ne sera acceptée, soutient Claudia Landry, directrice de communication du cabinet. « Les apprentissages doivent se faire à distance. Un rappel des consignes de santé publique a d’ailleurs été effectué auprès de ces écoles le 23 décembre dernier. Un non-respect de ces consignes expose les établissements d’enseignement aux amendes prévues pour violation des règles sanitaires et pouvant être délivrées par les corps policiers locaux. »

« Notez que les règles s’appliquent pour toutes les écoles du Québec. Ces établissements ne bénéficient pas d’exception », affirme de son côté le ministère de l’Éducation par courriel.


Les élèves vulnérables ou ceux qui n’ont pas accès au réseau Internet pourraient exceptionnellement se rendre dans les établissements pour l’enseignement à distance.


« Cependant, cette exception ne permet pas à l’ensemble des élèves d’être présent à l’école pour la période du 17 décembre et le 10 janvier 2021 inclusivement », ajoute-t-on.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme s’être rendu à l’école Skver la journée de Noël. L’intervention faisait suite à des plaintes concernant le non-respect des consignes sanitaires, comme le port du masque et la distanciation.

Un rapport d’infraction général a été rédigé au responsable de l’établissement et sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La direction des écoles de la communauté ultra-orthodoxe Belz a décidé d’ouvrir les portes de certains de ses établissements. « Les familles n’utilisent pas d’ordinateurs, c’est une question de valeurs religieuses. On ne peut donc poursuivre l’enseignement à distance. Selon le décret, nous ne défions pas la loi. Si la loi change, nous allons fermer, on souhaite respecter les consignes. Nous n’avons pas de traitement spécial », confirme Huvy Herzog, directrice générale des écoles de la communauté Belz, à La Presse.

L’ensemble des élèves du primaire et du secondaire de la communauté Belz sont présents dans chacune des quatre écoles de la communauté. En tout, on y compte environ 1000 écoliers.