L’architecte du Lab-École Pierre Thibault s’apprête à réaliser sa première école : un établissement secondaire privé, à Dorval, dirigé par Ugo Canvenaghi. Objectif avoué : que ce projet écolo et moderne serve de modèle pour le Québec.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

« On veut que cette école-là fasse école »

Pierre Thibault, l’architecte du Lab-École, n’a encore jamais réalisé d’école. Impossible, disait-il. Au Québec, pour avoir le droit de construire une école, il faut déjà en avoir construit une. C’est vrai dans le système scolaire public. Mais c’est moins vrai dans le privé.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Depuis la nomination d’Ugo Canvenaghi à la direction du collège Sainte-Anne, il y a 13 ans, l’école s’est métamorphosée. Ici, la bibliothèque récemment rénovée qui compte plusieurs espaces de travail vitrés.

La première école signée Pierre Thibault sera donc un établissement secondaire privé subventionné situé à Dorval. « Je suis comme un enfant qui va ouvrir son cadeau de Noël ! », dit l’architecte. 

Première pelletée de terre dans moins d’un an. Ouverture des portes à l’automne 2021. L’école accueillera 700 élèves, à terme. Quatre classes par niveau. Une vingtaine de groupes en tout.

PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, ARCHIVES LE SOLEIL

L’architecte Pierre Thibault

Ce projet n’a rien à voir avec les sept écoles primaires ciblées en juin 2018 par le Lab-École pour tester les meilleures pratiques connues en éducation. 

Tout d’abord, il s’agit d’une école secondaire. Toutes les écoles du Lab-École sont primaires. Ensuite, c’est l’idée du président-directeur général Ugo Cavenaghi, à la tête du collège Sainte-Anne depuis 2006.

On s’inspire beaucoup de ce qui se fait à l’extérieur parce que, malheureusement, au Québec, des modèles, il n’y en a pas.

Ugo Cavenaghi, PDG du collège Sainte-Anne

SUBVENTIONNÉE

Cette école à aires ouvertes sera aussi le premier nouvel établissement secondaire privé subventionné à voir le jour depuis 2008 au Québec. 

En effet, le ministère de l’Éducation n’a pas accordé de nouveau permis à des fins de subvention des services éducatifs depuis 10 ans, confirme Geneviève Beauvais, responsable des communications à la Fédération des établissements d’enseignement privés, qui regroupe 110 000 des 125 000 élèves inscrits au secteur privé.

Comment expliquer l’obtention de ce permis ? 

Le Collège Sainte-Anne a acheté, en 2014, une école secondaire semi-privée anglophone pour filles en faillite, dont il a conservé le permis d’enseignement subventionné.

La Queen of Angels Academy, située à la frontière de Dorval et de Lachine, a fermé ses portes à la fin de l’année scolaire 2014. 

En septembre de l’année suivante, le Collège Sainte-Anne y ouvrait une école primaire bilingue 100 % privée : l’Académie Sainte-Anne.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

L’Académie Sainte-Anne, à Dorval

L’école dessinée par Pierre Thibault va voir le jour sur le terrain de cet établissement qui a abrité le plus ancien club de golf en Amérique du Nord, le Royal Montreal Golf Club, fondé en 1873.

UNE ÉCOLE « FLYÉE »

Elle sera « complètement flyée », assure le directeur Ugo Cavenaghi, qui a l’habitude de se déplacer dans le collège en planche à roulettes.

« Ça fait quelques années que je connais Pierre [Thibault]. J’ai voyagé avec lui à Copenhague. J’aime beaucoup sa vision. On veut faire un projet intelligent. Une construction intégrée. Dès le début du projet, j’ai mon ingénieur mécanique, mon ingénieur en structure, mes architectes, mon entrepreneur. On construit le projet ensemble. »

Budget ? Entre 200 $ et 300 $ le pied carré. Une quinzaine de millions de dollars. « J’ai hâte de voir combien notre école va coûter au pied carré, comparativement à un projet du Lab-École », laisse tomber le PDG.

Le Collège Sainte-Anne, appuyé par sa Fondation, compte emprunter pour financer la construction. M. Cavenaghi songe aussi à vendre aux parents les panneaux solaires qu’il aimerait faire installer sur le toit pour en faire un bâtiment carboneutre.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Une murale agrémente le café étudiant du collège

« Dans la nouvelle école qu’on dessine, il n’y a pratiquement aucune classe fermée, souligne-t-il. On va adapter le bâtiment au projet éducatif. Des profs sont en train de réfléchir à ce nouveau projet éducatif qui va être très particulier. »

On remet tout en question, même les deux mois et demi de vacances l’été. On dit que c’est contre-productif. Nous, on met tout à terre, c’est pas compliqué : l’horaire, le calendrier… On repart à zéro.

Ugo Cavenaghi, PDG du collège Sainte-Anne

Deux enseignants sont libérés pour travailler sur ce projet à temps plein cette année.

« L’idée principale, ce qui nous anime le plus, c’est de briser le “one-size-fits-all” de l’école où tout le monde fait tout, toujours en même temps, au même rythme, de la même façon », précise Isabelle Senécal, directrice de l’innovation pédagogique pour la famille Sainte-Anne.

« Il va y avoir quelques classes, des espaces ouverts et des espaces individuels. Mais la grande particularité, c’est le mentorat. Chaque élève, sur toute la durée du secondaire, va appartenir à une petite équipe de six élèves qui sera suivie par un coach. L’autre particularité, c’est qu’on va sortir de l’école plus souvent. »

L’AGILITÉ DU PRIVÉ

Ce projet aurait-il pu voir le jour dans le secteur public ? « Impossible », répond M. Cavenaghi, catégorique.

Ce n’est pas une question d’argent, assure-t-il. « C’est une question d’agilité. »

« Ici, je cherche une secrétaire le matin, j’embauche. Je cherche un directeur, j’embauche. Le sentiment d’appartenance est très fort. La stabilité du personnel est très forte », souligne-t-il.

Comment voulez-vous faire des projets dans des écoles publiques quand le directeur part tous les trois ans, que 15 % du personnel change régulièrement et où il n’y a pas de structure d’école ?

Ugo Cavenaghi, PDG du collège Sainte-Anne

« Moi, ajoute-t-il, je suis ici depuis 18 ans. Je ne suis pas associé à une commission scolaire. Je n’ai aucun compte à rendre. Les redditions de comptes, moi, c’est à mon conseil d’administration et au ministère de l’Éducation que je les fais. »

Jonathan Bluteau, professeur au département d’éducation et formation spécialisées de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), est du même avis. Le secteur privé est plus agile et possède une plus grande marge de manœuvre.

« Au public, ce sont les commissions scolaires qui engagent les architectes dans les contextes d’agrandissement et de construction, qui vont déployer les budgets, souligne-t-il. Ce ne sont pas les directeurs d’école. Les décisions sont prises à la commission scolaire. Ce n’est pas l’argent, l’enjeu. Oui, il va y avoir de belles écoles au Québec, mais ici, il y a une mobilisation de ressources humaines qu’on ne voit pas ailleurs. »

Pierre Thibault constate lui aussi que c’est plus facile de faire une école secondaire privée qu’un projet du Lab-École.

On n’a pas la même agilité au Lab-École, mais on fait tout pour s’en approcher.

Pierre Thibault, architecte

MÉTAMORPHOSE

La construction d’une nouvelle école secondaire est le plus récent et sans doute le plus « révolutionnaire » projet d’Ugo Cavenaghi, mais ce n’est pas son premier. 

Depuis sa nomination à la direction générale du collège Sainte-Anne, il y a 13 ans, l’école s’est métamorphosée : le nombre d’élèves a pratiquement doublé, passant de 1100 à 2000 ; un secteur collégial, doté de 35 résidences étudiantes, a été aménagé dans l’ancien couvent des Sœurs de Sainte-Anne en 2011 ; et une école primaire a été ouverte à Dorval en 2015, dans laquelle il y aura une maternelle 4 ans en septembre 2020.

M. Cavenaghi a aussi cofondé La Factry, la nouvelle école des sciences de la créativité de Montréal, qui offre un profil Créativité et innovation, à l’intérieur du programme Arts, lettres et communication du collégial.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Un nouvel espace du collège Sainte-Anne qui vient d’être rénové

Depuis 2006, la conception et l’aménagement de nombreux espaces des écoles primaire, secondaire et du collégial ont été confiés à Taktik design (voir autre onglet) et couronnés de nombreux prix.

« On a une grande agilité, répète M. Cavenaghi, qui a déjà dirigé un établissement scolaire du secteur public. Je le sais, moi, il y a très peu d’agilité au public. On veut que cette école-là fasse école. On veut influencer le système. »

« Il faut que ça crée un point tournant, ajoute Pierre Thibault. On a besoin de bons exemples d’écoles au Québec. On espère que ça en sera un. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Nicola Tardif-Bourdages, fondateur de Taktik Design, Cynthia Papineau, designer, et Julie Dubois, directrice

L’école repensée

Taktik design fait équipe avec le Collège Sainte-Anne depuis 2009 pour repenser l’école : salle des enseignants, bibliothèque, agora, classes, bureaux, cafétéria, gymnase… Visite des lieux.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Une table de ping-pong fait office de bureau pour le président-directeur.

TABLE DE PING-PONG

Le bureau d’Ugo Cavenaghi ressemble plus à celui d’un PDG d’entreprise en démarrage qu’à celui d’un directeur d’école secondaire privée. Il n’y a pas de porte. Ni même de mur. Au centre, une table de ping-pong sert de bureau. Le directeur l’utilise quand les jeunes ne s’échangent pas la balle. Pour le professeur de l’UQAM Jonathan Bluteau, nommé à la Commission de l’éducation préscolaire et de l’enseignement primaire du Conseil supérieur de l’éducation, le bureau de M. Cavenaghi est un élément-clé du collège Sainte-Anne. « Ça change tout, affirme-t-il. Le contexte crée la proximité et la relation. Le message en est un d’ouverture, de disponibilité. C’est magique, ça. Ça n’a pas de valeur. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Trois types d’assises sont à la disposition des élèves dans les classes : des bancs, des chaises hautes et des chaises à roulettes.

TROIS TYPES DE CHAISES

« Dans nos classes, il y a trois types de chaises : des bancs, des chaises hautes et des chaises à roulettes. Les élèves ont le choix, explique Julie Dubois, directrice du secondaire. On trippe design, ici. Mais l’important, c’est ce qui se passe dans nos classes. Le leadership pédagogique. C’est pas tout le monde, au début, qui adhère à la vision et qui a envie de changer ses façons d’enseigner. Mais on peut faire un beau design, de belles rénos, mais si nos profs remettent les bureaux en rang d’oignon et continuent à enseigner de la même façon, ça ne donne rien. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Un gymnase tout équipé a été aménagé dans l’église anglicane adjacente au collège.

UN GYM PROFESSIONNEL

L’église anglicane adjacente au collège héberge le gymnase. « Je voulais offrir un gym professionnel avec de l’équipement de qualité, précise le fondateur de Taktik, Nicola Tardif-Bourdages. Et ça marche ! Tout le monde vient s’entraîner ici. C’est ouvert au public matin et soir. » L’espace, récompensé aux Grands Prix du design, a été entièrement refait : zone d’entraînement avec sections cardio et musculation, mezzanine en acier pour accueillir les vélos stationnaires et exploiter les plafonds de 25 pi de haut. Le mobilier a été conçu à partir des poutres de bois récupérées lors du démontage du presbytère.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Magnifique, la bibliothèque a été aménagée dans l’ancienne chapelle des religieuses.

FINI, LE SILENCE À LA BIBLIOTHÈQUE

La bibliothèque est spectaculaire. Aménagée dans l’ancienne chapelle des religieuses, elle invite à la lecture et au travail en silence. Mais le directeur Cavenaghi songe déjà à la refaire. « On va la transformer en une espèce de WeWork [géant américain des bureaux partagés], annonce-t-il. Ça, c’est le prochain projet qui va être soutenu par la Fondation de l’école. Fini, le silence à la bibliothèque ! On aura des espaces insonorisés pour ceux qui en ont besoin. Je suis même en train de me demander si on ne devrait pas faire un gros atrium au fond… »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

La salle des enseignants du secondaire a été complètement réaménagée.

STYLE BISTRO

Le premier contrat confié à Taktik par le Collège Sainte-Anne a consisté à refaire la salle des enseignants du secondaire. « Ça avait l’air d’un centre de petits vieux avec des grosses chaises, une cuisine désuète et des vieux divans, rappelle Nicola Tardif-Bourdages. On a décidé d’en faire un lieu qui ressemble à un bistro pour marquer une rupture avec l’école. On a même fait une annexe où la bouffe est gratuite, ou genre à 2 $. » Le succès du lieu a scellé l’union entre la firme de design et l’établissement dirigé par Ugo Cavenaghi.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Une vache bleue trône près du bureau du directeur Ugo Cavenaghi, qui aime bien arpenter les couloirs de l’école sur un long-board.

UNE VACHE BLEUE GÉANTE

Le collège Sainte-Anne est tout sauf ennuyant. Couleurs joyeuses, inscriptions géantes sur les murs, fresque murale dans le café étudiant… Il y a même une vache bleue géante à côté du bureau du directeur. « Ici, on veut le mieux et on se donne le temps de le faire », dit Julie Dubois, directrice du secondaire. Pour la designer Cynthia Papineau, l’important, c’est d’avoir un impact dans la vie des élèves.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le « quartier général » du collège regroupe le café étudiant (photos) et les bureaux administratifs.

LE QUARTIER GÉNÉRAL

Ce que le collège appelle son « quartier général » est situé dans l’espace qui appartenait autrefois à la congrégation religieuse. Il regroupe le café étudiant et les bureaux administratifs, dont celui du directeur, totalement non conventionnel. La ventilation a été peinte en jaune vif pour servir de fil conducteur dans l’espace. Et une grande fresque murale a été réalisée par le collectif MU dans le café.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Sur les étages, les cloisons ont été percées de larges fenêtres pour laisser entrer la lumière et les couloirs ont été repeints dans des couleurs pimpantes.

LA LUMIÈRE DU JOUR

Sur les étages, les cloisons ont été percées de larges fenêtres pour laisser entrer la lumière et les couloirs ont été repeints dans des couleurs pimpantes. « On veut faire des environnements dans lesquels les élèves vont avoir envie d’apprendre, indique Cynthia Papineau. C’est pas tout le monde qui aime l’école. Mais nous, on fait des environnements tellement le fun — et on veut donner aux profs des idées pour enseigner différemment — que les enfants capotent. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

On reconnaît sur ce mur la signature du célèbre graffiteur Alexandre Scaner, mort du cancer en 2016.

L’art de rue à l’école

Véritable œuvre d’art, la cour d’école du collège Ville-Marie a longtemps été un espace peu invitant pour les élèves : petite, adossée à des voies ferrées, asphaltée, sans mobilier ni verdure.

« Les murs étaient dégueulasses, tatoués au grand complet », rappelle la directrice de cet établissement secondaire privé, Marie-Claude Girard, qui a conçu le projet d’embellir et de verdir l’espace.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Le collège Ville-Marie, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, a invité des graffiteurs à participer au projet d’embellissement de l’école.

Le problème, c’est que les graffiteurs en avaient fait leur terrain de jeu. C’était leur « secret spot », confie Mme Girard. « Si on avait nettoyé les graffitis, les tagueurs seraient revenus dans la nuit. »

La solution a été trouvée par Nicola Tardif-Bourdages, fondateur de Taktik design : pourquoi ne pas inviter les maîtres de l’aérosol à participer au projet ?

Hommage

Le concept a pris forme autour d’Alexandre Veilleux (Scaner), un célèbre tagueur de Montréal qui, à l’époque, était atteint d’un cancer. Les amis de l’artiste sont venus de partout dans le monde pour lui rendre hommage et contribuer à la création de l’immense murale qui tapisse aujourd’hui les murs extérieurs du collège, adossé à des voies ferrées, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Le projet a duré près de deux mois, à l’été 2017. Alex s’est éteint le 9 septembre, à l’âge de 36 ans, quelques jours avant la fin de l’œuvre.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Les graffiteurs ont été si nombreux à vouloir rendre hommage à Alex Scaner que tous les murs arrière de l’école ont été recouverts de graffitis.

Les graffiteurs n’ont pas été payés pour leur travail, mais le collège a fourni les bombes aérosol et les nacelles élévatrices. Et Nicola Tardif-Bourdages a offert la bière. Il a même faire griller des merguez sur un BBQ portatif les soirs de week-end pour assurer une présence sur les lieux et gérer d’éventuels débordements qui n’ont pas eu lieu.

Au début, on voulait faire juste deux murs de la cour. Mais il y avait tellement d’amis qui voulaient rendre hommage à Scaner que tous les murs arrière de l’école, en plus d’un garage et d’un bout de ruelle, ont été couverts de graffitis.

Nicola Tardif-Bourdages, fondateur de Taktik design

Un an après la mort de l’artiste tagueur, à l’été 2018, une exposition-hommage a été organisée par ses amis au Livart, rue Saint-Denis. Notre ex-collègue Nathalie Petrowski en avait profité pour faire le portrait de cet artiste, « un jeune homme chaleureux, attachant et lumineux », qui avait fait de Montréal sa toile.

Depuis, la cour arrière du collège Ville-Marie n’a jamais été vandalisée. Le résultat est spectaculaire et pourrait faire partie du circuit des graffitis de Montréal. La directrice Marie-Claude Girard n’est pas contre, mais elle veut que l’autorisation vienne des graffiteurs avec qui elle est restée en contact.

« J’ai apprécié d’être en contact avec ces gens-là, confie-t-elle. Chaque année, ils viennent faire des retouches et parler aux étudiants en art numérique et en arts plastiques. Il y a un respect immense. C’est comme si on avait donné une page d’histoire à Scaner. »