L’alimentation des écoliers canadiens s’est légèrement améliorée en 10 ans, montre une étude britanno-colombienne publiée hier. Et c’est encore au Québec que les écoliers mangent le mieux, ont confirmé les chercheurs.

Judith Lachapelle Judith Lachapelle
La Presse

Davantage de bons aliments

Plus de fruits entiers, plus de légumes verts, plus de produits laitiers. En épluchant les données des Enquêtes sur la santé dans les collectivités canadiennes entre 2004 et 2015, les chercheurs en nutrition de l’Université de la Colombie-Britannique se sont intéressés de près à ce que 7000 enfants âgés de 6 à 17 ans mangeaient durant les heures où ils sont à l’école (de 9 h à 14 h). Qu’ils se nourrissent à la cafétéria ou qu’ils avalent un lunch préparé à la maison, la qualité nutritive de ce qu’ils ingèrent durant la journée s’est améliorée de 13 %, écrivent les chercheurs dans la revue scientifique Public Health Nutrition. Une amélioration « modeste », notent-ils, puisque la qualité nutritive de ce que mangent les écoliers demeure « très en deçà des recommandations » des nutritionnistes.

Moins de malbouffe

Si la proportion d’aliments nutritifs a augmenté dans le menu des écoliers canadiens, ce n’est pas seulement parce qu’ils mangent davantage de fruits et de légumes. C’est aussi parce qu’ils mangent simplement moins de malbouffe, et particulièrement moins de sucre. Par contre, la quantité de gras saturés et de sodium ingérée est restée la même. Celle des grains entiers et des « bons gras » n’a pas non plus augmenté en 10 ans. Les données montrent également que les enfants mangent généralement davantage d’aliments nutritifs que les adolescents.

Le Québec en tête

Les chercheurs se basent sur l’indice C-HEI (Canadian Healthy Eating Index), qui évalue une dizaine de composantes d’une alimentation saine. Sur un maximum de 100 points, les élèves québécois sont passés d’une moyenne de 54 points en 2004 à 60 points en 2015 (la moyenne canadienne se situant à 58 points). Si le Québec figure au sommet du palmarès de la bonne alimentation scolaire canadienne pendant toute la période, la palme de l’amélioration revient notamment à Terre-Neuve, qui a délaissé le fond du classement pour passer devant les Prairies – la Saskatchewan terminant au dernier rang en 2015 avec 54,2 points.

Palmarès de la bonne alimentation scolaire (2015)

1. Québec
2. Ontario
3. Colombie-Britannique
4. Île-du-Prince-Édouard
5. Alberta
6. Nouvelle-Écosse
7. Nouveau-Brunswick
8. Terre-Neuve-et-Labrador
9. Manitoba
10. Saskatchewan

Des programmes en place

Depuis 2004, notent les chercheurs, les écoles canadiennes ont adopté des mesures pour interdire la vente d’aliments riches en gras, en sucre et en sel dans les écoles publiques. S’il est « possible » que l’interdiction de la malbouffe dans les écoles ait eu un impact sur l’amélioration globale de la qualité de l’alimentation des enfants, les chercheurs rappellent que la majorité des élèves apportent un lunch de la maison à l’école. De fait, « il est également possible que les campagnes éducatives d’information nutritive » aient aussi contribué à conscientiser les parents sur la qualité de la nourriture déposée dans les boîtes à lunch. L’auteure principale de l’étude, Claire Turgault-Lafleur, n’exclut pas non plus que d’autres facteurs puissent expliquer l’amélioration constatée. « Peut-être qu’en 2015, les gens étaient moins portés à rapporter les éléments moins nutritifs, parce qu’ils savent que c’est moins bon, a-t-elle rappelé en entrevue avec La Presse canadienne. Ça pourrait être une source d’erreur. »