À quelques jours de la rentrée scolaire dans les écoles primaires du Québec, des centaines d’enfants attendent sur des listes d’attentes d’organismes communautaires de Montréal dans l’espoir de recevoir des fournitures scolaires avant la rentrée.

Helen Moka
La Presse canadienne

La Presse canadienne a discuté de la situation avec les représentants du Regroupement Partage et de Jeunesse au Soleil, qui tous deux confirment une hausse considérable de la demande cette année sur l’île de Montréal. À eux seuls, ces deux organismes ont préparé plus de 7000 sacs à dos remplis de fournitures scolaires et leurs bénévoles sont toujours à l’œuvre.

La 11e Opération sac à dos du Regroupement Partage a déjà permis de distribuer au cours des derniers jours, un sac à dos et des fournitures scolaires à 5000 enfants dans les quartiers les plus défavorisés de la métropole par l’entremise de 15 Magasins-Partage mis sur pied au sein de divers organismes communautaires de quartier.

« Je vous dirais qu’on aurait pu aider facilement 15 000 enfants si on en avait les moyens financiers », affirme la cofondatrice et directrice générale du Réseau Partage, Sylvie Rochette.

« On doit malheureusement, à un moment donné dire non parce qu’on y arrive plus. C’est dur de dire non à des gens qui sont dans le besoin, mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. C’est pour ça qu’on fait appel à la population » explique-t-elle.

Mme Rochette croit toutefois que le travail n’est pas encore fini, puisque l’organisme espère pouvoir venir en aide à 1000, voire 2000 écoliers supplémentaires de septembre à décembre grâce à la générosité du public. Pour ce faire, des bénévoles participeront le jeudi 29 août à une campagne de financement à divers endroits au centre-ville.

« Le 29 août prochain, on aura une collecte publique à différents endroits du centre-ville et à certaines stations de métro. Les gens verront des bénévoles avec des chandails bleus qui vont recueillir de l’argent. Avec cet argent, on va acheter en très, très gros volume pour faire des économies. »

Mme Rochette espère ainsi amasser 45 000 $.

Comme c’est devenu la tradition depuis une dizaine d’années aussi, les bénévoles de Jeunesse au Soleil sont aussi très actifs depuis deux semaines. Ils ont préparé 1000 sacs à dos pour leur distribution annuelle d’effets scolaires. Le porte-parole de l’organisme Jonathan Caisse compte en offrir mille autres en passant directement par les écoles où les besoins se font ressentir. Il espère ainsi remettre ces sacs à dos bien remplis à une centaine d’écoles de Montréal, ce qui s’inscrit dans la Politique de l’enfant de la Ville de Montréal. En 2018, Jeunesse au Soleil avait ainsi donné un coup de main aux jeunes de 600 écoles de la métropole.

Les multiples visages de la pauvreté.

Tant Mme Rochette que M. Caisse soulignent que la pauvreté a de multiples visages, mais cette année le Réseau-Partage constate que la hausse de la demande était surtout concentrée dans le nord et l’est de Montréal.

« Ça s’explique en partie par le fait que les gens déménagent beaucoup vers l’est ou vers le nord, où les loyers sont moins chers, » explique Sylvie Rochette.

« Il y a aussi la vague de migrants et les immigrants qui s’installent plus dans l’est. »

Il y a aussi les familles dont le revenu a baissé drastiquement lorsque la maladie frappe. On a qu’à penser à un parent qui doit quitter le travail pour subir des traitements contre le cancer, dit Mme Rochette.

Chez Jeunesse au Soleil, M. Caisse dit aussi observer aussi une hausse de la fréquentation de travailleurs à faible revenu qui n’arrivent tout simplement pas à rejoindre les deux bouts devant la hausse du coût de la vie.

« On voit ça notamment avec nos services à la banque alimentaire », dit M. Caisse

« On remarque de plus en plus ce qu’on appelle les "employés pauvres", en d’autres termes ceux qui ont de la misère à joindre les deux bouts même si les deux conjoints travaillent. On voit ça de façon générale et ça se reflète aussi dans la demande de fournitures scolaires », précise-t-il.

Malgré la distribution de 2000 sacs à dos pleins, sa liste d’enfants en attente de leur « kit de départ » pour l’école a doublé par rapport à l’an dernier, passant de 200 à 400 écoliers.

M. Caisse explique qu’il est toujours possible d’aider ces écoliers, tout en préservant leur dignité, en s’adressant directement auprès des directions d’écoles.

« C’est souvent très difficile d’aller aider les gens directement. Si jamais des gens remarquent des élèves qui sont dans le besoin, une façon d’aider c’est d’aller voir la direction de l’école et demander si c’est possible de faire quelque chose pour ces enfants-là. Elles peuvent ensuite nous appeler et Jeunesse au Soleil va voir comment on peut les aider à travers nos programmes. »

Jeunesse au Soleil a publié sur son site internet la liste des effets scolaires dont l’organisme a besoin pour remplir ses sacs à dos aux plus démunis : cahiers Canada, duo-tangs, crayons de couleur, effaces, ciseaux, bâtons de colle, crayons à mine et divers autres produits s’y retrouvent… les plus chers étant les thermos et les boîtes à lunch. Il est aussi possible de faire un don en argent via le site internet de Jeunesse au Soleil, en spécifiant qu’il s’agit d’un don pour la distribution de fournitures scolaires.

Pour les gens qui souhaitent contribuer à l’opération du Regroupement Partage, il est aussi possible de faire un don en passant directement par son site internet à regroupementpartage.ca