(Montréal) Une menace de journées de grève pèse sur l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où le syndicat des 1800 employés de soutien envisage de perturber la rentrée.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Ces employés sont membres du Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ. Il s’agit non seulement d’employés d’entretien, mais également de techniciens, de professionnels, d’employés de bureau et de métiers.

Le 3 juillet dernier, ces employés de soutien ont voté en faveur d’un mandat de moyens de pression incluant cinq journées de grève, à être tenues au moment opportun.

En entrevue mercredi, la présidente du syndicat, Louisa Cordeiro, n’a pas voulu dire si ces cinq journées de grève seraient tenues de façon consécutive, par blocs ou isolément. « On ne dévoile pas notre stratégie à ce moment-ci ; on garde ça dans notre poche. »

Jusqu’ici, les syndiqués du SCFP s’en sont tenus à des moyens dits de « visibilité », comme des panneaux d’affichage dans le métro de Montréal et des annonces dans les journaux avec le message « pas d’employé (e) s pas de rentrée ».

Le principal point en litige porte sur les salaires. Les discussions sur les questions normatives, abordées au départ, ont bien avancé, ont rapporté tant Mme Cordeiro et que la porte-parole de la direction de l’UQAM, Jenny Desrochers.

La direction affirme avoir présenté une offre globale et finale, le 2 juillet, la veille de l’assemblée syndicale. Elle attend toujours une réponse du syndicat à cette offre.

Mme Cordeiro a confirmé que les membres qui ont assisté à l’assemblée syndicale du 3 juillet ne se sont pas prononcés sur l’offre de la direction. « On n’a jamais dit qu’on allait voter sur l’offre. On a fait un état de la situation à nos membres. On a dit que l’offre avait été légèrement bonifiée au téléphone. Mais nos membres ont jugé que ce n’était pas suffisant. On n’a pas voté sur l’offre ; on a voté sur les moyens de pression », a indiqué la présidente du syndicat.

Mme Desrochers, de son côté, estime que « la balle est maintenant dans leur camp », puisque la direction a fait une offre globale et finale, tenant compte du « cadre financier exigeant » dans lequel évolue l’UQAM. « On a fait des efforts. On attend de voir ce qu’il en est de cette offre finale, qui n’a pas été présentée point par point », a-t-elle ajouté.

Les syndiqués, eux, estiment avoir fait leur part pour soutenir l’UQAM, qui tente d’atteindre l’équilibre budgétaire. « Ce n’est pas la première fois qu’on se fait dire que l’université est en difficulté financière. Et, bien honnêtement, ce ne sont pas les employés de soutien qui sont responsables de ça. On comprend la situation et on a fait notre part », a répliqué Mme Cordeiro.

Cours maintenus

Mme Desrochers précise qu’advenant l’exercice de la grève, « les cours seront maintenus, les activités d’enseignement seront maintenues ; la rentrée n’est pas compromise ».

Quant à savoir si des activités de soutien à l’enseignement pourraient être perturbées, « il est trop tôt pour dire comment tout ça pourrait affecter la rentrée », a répondu Mme Desrochers.

Les 1800 employés de soutien en question proviennent de quatre groupes : des métiers et services (plombiers, électriciens, préposés à la sécurité), employés de bureau, employés des services techniques (techniciens en laboratoire, informatique) et professionnels (bibliothécaires, agents de recherche et de planification et autres).

La convention collective est échue depuis le 31 mai 2017.