(Vancouver) Les élèves du secondaire canadiens ne connaissent pas toute la problématique reliée aux changements climatiques, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université de Lund, en Suède.

Brenna Owen
La Presse canadienne

Les auteurs de l’étude ont analysé les manuels et les programmes de sciences dans les 13 provinces et territoires du pays. Ils ont aussi interrogé des responsables de la conception de ces programmes dans six provinces.

Si en général, les programmes canadiens soulignent que les changements climatiques sont en train de se produire et qu’ils sont causés par les êtres humains, ils ne mentionnent pas la force du consensus scientifique derrière ce phénomène, ses répercussions et ses solutions.

« C’est important, car si les élèves ne comprennent pas qu’il existe des solutions ou que les experts sont d’accord sur le fait qu’il s’agit d’un problème causé par les humains, ils ne seront probablement pas motivés à aider à le résoudre », soutient Seth Wynes, un candidat au doctorat à UBC et auteur principal de l’étude.

« Nous savons que l’éducation scientifique au Canada, telle que définie dans divers documents provinciaux, est de préparer en partie les élèves à devenir des citoyens de l’environnement. »

L’étude a évalué les programmes selon six critères : connaissances de base du climat physique, de l’élévation des températures mondiales, de la nature anthropique des changements climatiques, de ses conséquences négatives et des solutions possibles pour éviter les effets les plus graves.

Les chercheurs disent avoir constaté que les résultats varient selon les provinces et les territoires.

C’est le programme de la Saskatchewan, pourtant la province qui émet le plus de gaz à effet de serre par habitant au Canada, qui présente le plus la problématique, suivi par celui de l’Ontario.

« C’est un indicatif encourageant de la façon dont les programmes d’études sont conçus au Canada », dit M. Wynes.

La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick présentaient les documents plus anciens. Leur programme offrait la couverture la moins complète des changements climatiques. Selon l’étude, les cours obligatoires se contentaient d’indiquer un seul constat : l’existence des réchauffements climatiques.

Selon M. Wynes, il peut aussi exister des différences entre les documents présentés par les enseignants et l’apprentissage réel des élèves.

« Cela peut être difficile pour les enseignants exerçant leur profession dans une collectivité divisée par le sujet. D’autres parts, d’autres enseignants passionnés par le sujet ont la possibilité de l’approfondir et d’encourager leurs élèves à s’engager plus amplement. »

Les enseignants ont besoin d’un soutien supplémentaire et les programmes d’études canadiens doivent peut-être être révisés en raison de la nature en rapide mutation de la crise climatique, constate M. Wynes.

« Il y a quinze ans, nous ignorions certaines choses. [Une révision] changerait les objectifs d’apprentissage et pourrait aussi changer l’importance que l’on doit accorder à ce sujet. »

Wynes a reconnu que l’étude se limitait à l’analyse du programme de sciences et que d’autres matières et cours pouvaient parfois incorporer une éducation au changement climatique. Mais, a-t-il dit, les cours de sciences sont principalement consacrés au changement climatique.