(Québec) Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, rejette du revers de la main les préoccupations exprimées par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), quant aux difficultés d’appliquer la loi 21 sur la laïcité de l’État dans les écoles.

Jocelyne Richer
La Presse canadienne

Selon lui, il est faux de prétendre que la nouvelle interdiction de porter des signes religieux va compliquer la vie des directeurs d’écoles, confrontés, selon la CSDM, à appliquer la loi de façon différente d’un établissement à l’autre, selon leur compréhension et leur interprétation de la loi.

Un tel scénario exposerait la CSDM à des recours judiciaires, selon sa présidente, Catherine Harel-Bourdon, qui réclame des balises claires et un délai d’un an avant d’appliquer la loi 21 dans le réseau scolaire montréalais, pour ajuster les politiques d’embauche notamment.

«Je ne pense pas que (la loi 21) soit bien compliquée à appliquer. Je pense que tout le monde comprend cette loi», a commenté le ministre, mercredi, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

Il a réaffirmé qu’il n’y aurait pas de passe-droit et que la loi devait s’appliquer à Montréal comme ailleurs.

Ce serait une erreur, a-t-il poursuivi en mêlée de presse, de se demander si on doit appliquer la loi et quand, «deux mauvaises questions».

Le caractère multiethnique des écoles de Montréal ne doit pas davantage devenir une excuse pour ne pas appliquer la loi, a-t-il ajouté.

Il a rappelé que la Fédération des commissions scolaires, qui regroupe une soixantaine de commissions, s’était dissociée de la plus importante commission scolaire du Québec — la CSDM — pour lancer le message que la loi 21 serait observée dès la rentrée scolaire.

La semaine dernière, le conseil des commissaires de la CSDM avait semé l’émoi en adoptant une résolution visant à reporter d’un an l’application de la loi.

On disait avoir besoin de temps pour consulter les directeurs d’écoles, les conseils d’établissement, les parents, les syndicats et les associations.

La loi 21 interdit à plusieurs catégories d’employés de l’État de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions, dont les enseignants et les directeurs d’écoles primaires et secondaires du secteur public.