L'Université McGill affirme qu'il lui faut plus de temps avant de décider du sort du nom controversé des Redmen pour ses équipes sportives.

Mis à jour le 30 janv. 2019
MORGAN LOWRIE LA PRESSE CANADIENNE

La principale de l'établissement, Suzanne Fortier, a affirmé par communiqué qu'elle reportait une décision définitive en raison d'un grand nombre de messages se prononçant sur la pertinence ou non de supprimer le nom.

«Tous les membres de notre communauté attendent avec impatience une décision au sujet du nom Redmen», a-t-elle reconnu. «J'estime que je dois néanmoins prendre le temps de lire tous les commentaires et les points de vue exprimés, d'en comprendre le sens profond et d'y accorder le même niveau d'attention et de respect que celui dont leurs auteurs ont fait preuve.»

L'établissement montréalais avait initialement promis une réponse en janvier, mais Mme Fortier a indiqué qu'elle poursuivra les consultations avec les étudiants, le personnel et les parties prenantes avant d'annoncer une ultime décision à la fin du semestre en cours.

L'université a publié le rapport d'un groupe de travail en décembre qui révélait de profondes divisions entre les étudiants inscrits et les anciens étudiants qui défendent le nom presque centenaire et ceux qui le considèrent comme péjoratif envers les étudiants autochtones.

Un étudiant autochtone non identifié aurait déclaré voir le chandail Redmen dans le gymnase «comme un coup de poignard» et affirmé qu'il se sentait mal du seul fait d'être qualifié de «peau rouge». Une autre étudiante a lancé au groupe qu'elle ne se sentait pas acceptée à l'université et s'était «sentie comme un fantôme», malgré ses efforts.

Mais de l'autre côté se trouvait un groupe d'anciens étudiants qui déclaraient éprouver un tel attachement au nom des Redmen qu'ils ne feraient plus jamais un don à McGill, décourageraient leurs enfants de s'inscrire à cette université et «considéreraient McGill comme morte», si le nom était abandonné.

Le nom des Redmen remonte aux années 1920 et a été décrit comme un hommage aux uniformes rouges des équipes. Mais dans les années 1950, les équipes masculines et féminines ont fini par être surnommées les «Indiens» et les «Squaws». Certaines équipes ont ensuite adopté un logo avec un homme autochtone portant une coiffe dans les années 1980 et 1990.

Tomas Jirousek, étudiant en sciences politiques et en économie, et rameur universitaire qui a milité pour un changement de nom, a affirmé qu'il était urgent de le changer.

«Il y a actuellement des athlètes autochtones en athlétisme qui se sentent mis à l'écart, qui se sentent isolés au sein d'équipes universitaires à cause du nom Redmen», a-t-il affirmé lors d'un entretien téléphonique.

«Alors, bien que j'apprécie le fait que l'université prenne suffisamment de temps pour mener des consultations sur le changement de nom, elle doit prendre en compte le fait que des étudiants souffrent toujours.»

Il rappelle que 79% des étudiants ont voté pour l'abandon du nom Redmen dans un référendum en novembre à la suite d'une campagne menée par le personnel et les étudiants autochtones, une preuve claire, selon lui, que les étudiants actuels sont en faveur d'un changement.