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Crise avec Pékin: les étudiants chinois bouderont-ils le Canada?

Marc Thibodeau, JOËL-DENIS BELLAVANCE
La Presse

Les tensions diplomatiques entre Pékin et Ottawa découlant de l'arrestation d'une dirigeante de la firme de télécommunications Huawei pourraient se traduire par une baisse significative du nombre d'étudiants chinois au Canada.

C'est du moins ce que laisse entendre le Global Times, quotidien chinois réputé proche du régime, dans un article paru mardi qui insiste sur l'importance des retombées économiques de plusieurs milliards de dollars découlant de leur présence dans le pays.

Les plus récentes données du gouvernement canadien indiquent que 140 000 ressortissants chinois étaient autorisés à étudier au Canada en date du 31 décembre 2017.

Le quotidien chinois indique que les tensions actuelles avec le Canada inquiètent les parents chinois qui envisageaient d'envoyer leurs enfants étudier ici et les amènent à considérer d'autres possibilités.

Certains craignent, note-t-on, de ne pouvoir obtenir facilement les visas requis pour visiter leurs enfants pendant leurs études si le conflit perdure.

L'article précise que les agences chinoises qui aident les étudiants à organiser un séjour à l'étranger ont décidé de promouvoir « moins activement » les études au Canada pour éviter de possibles difficultés.

Retombées de 4 milliards

Une des principales firmes chinoises du secteur, EIC Education, indique dans un rapport que le Canada était devenu l'une des destinations les plus populaires et que le nombre d'étudiants chinois dans le pays avait plus que triplé en 10 ans.

En considérant que chaque étudiant dépense en moyenne 31 000 $ par année - une estimation canadienne -, les retombées économiques totales pour le Canada sont de plus de 4 milliards de dollars, avance le Global Times.

La menace d'une réduction du contingent d'étudiants chinois au Canada rappelle les actions de l'Arabie saoudite, qui avait annoncé son intention l'été dernier, en pleine crise diplomatique, de rappeler des milliers d'étudiants.

Bien qu'elles multiplient les dénonciations et les menaces de représailles en lien avec l'arrestation de Meng Wanzhou, dirigeante du géant chinois Huawei qui fait l'objet d'une demande d'extradition des États-Unis, les autorités chinoises n'ont pas brandi formellement jusqu'à maintenant la possibilité d'un boycottage des universités canadiennes.

L'impact des tensions diplomatiques actuelles est néanmoins considéré attentivement par les dirigeants de ces établissements.

L'Université de Colombie-Britannique a indiqué hier qu'elle était « consciente » de la crise, mais ne souhaitait pas conjecturer sur son impact potentiel en matière de recrutement d'étudiants étrangers.

« UBC se considère comme privilégiée de pouvoir compter parmi ses étudiants étrangers de nombreux étudiants chinois talentueux qui contribuent à la vie sociale et scolaire sur nos campus », a souligné l'organisation.

Croissance à l'UdeM

L'Université de Montréal (UdeM) a indiqué que les étudiants originaires de la Chine « sont très présents » au sein de l'établissement et que leur nombre est en croissance. 

Une porte-parole a précisé que l'Université n'avait pas reçu d'indications voulant que des étudiants chinois entendent renoncer à poursuivre des études sur place en raison de la crise diplomatique.

En marge de ces développements, le premier ministre canadien Justin Trudeau a dû répondre à de nombreuses questions hier à Ottawa relativement à l'évolution des relations sino-canadiennes et aux efforts menés pour obtenir la libération de deux ressortissants canadiens appréhendés en Chine dans la foulée de l'arrestation de Meng Wanzhou.

Lors d'une conférence de presse visant à faire le bilan de la dernière année, M. Trudeau a réitéré qu'il serait vain que le Canada hausse le ton envers la Chine pour obtenir leur libération.

Il ne croit pas non plus qu'il doive prendre le téléphone à ce stade pour discuter de la situation avec le président de Chine Xi Jinping.

Troisième arrestation

M. Trudeau a indiqué par ailleurs que les informations préliminaires qu'il détient relativement à l'arrestation d'un troisième ressortissant canadien, confirmée hier, suggèrent qu'il s'agit d'un cas d'une « autre nature » que ceux de l'ex-diplomate Michael Kovrig et de l'homme d'affaires Michael Spavor.

Les autorités chinoises affirment que ces derniers représentent une menace pour la sécurité nationale. Nombre d'analystes estiment que leur arrestation est liée directement au différend suscité par l'arrestation de la dirigeante de Huawei, mais le gouvernement canadien évite de faire ce rapprochement publiquement.

« Nous allons toujours suivre l'approche qui vise non pas à satisfaire des besoins politiques à la maison, mais qui vise au contraire uniquement à obtenir la libération des Canadiens qui se retrouvent dans des situations difficiles », a indiqué le premier ministre.

***

28 % : proportion d'étudiants étrangers originaires de Chine, ce qui en fait le pays de provenance le plus important, quelques points de pourcentage devant l'Inde, selon le Bureau canadien de l'éducation internationale (BCEI)

250 : nombre de ressortissants chinois inscrits dans un programme régulier ou qui participaient à un échange cet automne à l'UdeM




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