Malgré des négociations qui se sont encore poursuivies hier soir, le syndicat représentant les travailleuses de 57 CPE de Montréal et de Laval n'a pu réussir à conclure une entente de principe avec la partie patronale. Une grève générale illimitée a donc été déclenchée, ce qui prive de service de garde quelque 3000 enfants aujourd'hui.

Publié le 6 juin 2018
Simon-Olivier Lorange LA PRESSE

L'Association patronale nationale des CPE (APNCPE) a déposé une offre globale lundi soir. Le document était toujours à l'étude hier dans les bureaux du ministère du Travail. Malgré l'entrée en scène d'un conciliateur au début de la semaine, il aurait fallu un « miracle » hier soir pour combler le fossé séparant les deux parties, selon Nathalie Fontaine, première vice-présidente du Syndicat des travailleuses en CPE de Montréal et Laval.

« La négociation se poursuit, mais pas de manière satisfaisante », a dit Mme Fontaine en entrevue, rappelant que les quelque 1350 travailleuses qu'elle représente ont voté à 91 % pour un mandat de grève en mai dernier.

Déçue de la tournure des événements, Chantal Bellavance, porte-parole de APNCPE, avait un peu plus tôt signifié qu'elle souhaitait que le syndicat suspende sa menace de grève le temps que les négociations se poursuivent, et ce, afin que les parents et leurs enfants ne soient pas touchés.

Elle croyait toujours possible la conclusion d'une entente de principe, s'appuyant notamment sur le fait que les CPE de la Montérégie ont signé une convention collective basée sur les mêmes demandes patronales.

« Nous sommes d'avis que la grève générale illimitée ne devrait être exercée que comme moyen ultime, lorsque les pourparlers achoppent. Et ce n'est pas le cas ici », avait aussi déclaré Mme Bellavance dans un communiqué envoyé par l'APNCPE pendant la journée.

Pour sa part, Nathalie Fontaine a rappelé que les travailleuses de CPE étaient sans contrat de travail depuis 2015 et que leurs conditions de travail n'avaient pas changé depuis 2012. « Je pense qu'elles ont été assez patientes », a dit Mme Fontaine.

« Elles sont prêtes à se faire respecter et à faire la grève, malheureusement, même si elles n'en ont pas les moyens et qu'elles gagnent des salaires peu élevés. Tant qu'elles seront prêtes à se battre pour leurs conditions de travail, le syndicat sera derrière elles. »

Les points encore en litige ont notamment trait à l'organisation du travail, à l'ancienneté, aux libérations syndicales et à l'attribution des journées de vacances.

Les 57 CPE visés sont principalement situés à Montréal et quelques-uns sont à Laval. Leur syndicat est rattaché à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. Il y a au Québec 993 centres de la petite enfance.

- Avec La Presse canadienne