Visage couvert en classe: Vallée et David se contredisent

Des étudiants universitaires pourraient dans certains cas assister... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Des étudiants universitaires pourraient dans certains cas assister à leurs cours avec le visage couvert, a indiqué mercredi la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David. Elle a du coup contredit sa collègue Stéphanie Vallée quant à l'application de la loi 62.

Photo David Boily, archives La Presse

(Québec) Quoiqu'en dise sa collègue Hélène David, la loi sur la neutralité religieuse interdira aux étudiants collégiaux et universitaires de recevoir un cours le visage voilé, a assuré mercredi la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

«J'ai été très claire, a dit Mme Vallée au terme de la réunion du conseil des ministres. (...) Dans une salle de classe, l'esprit du projet de loi est à l'effet que la prestation de service par l'enseignant et la réception de service est à visage découvert.»

La ministre a du coup réitéré les commentaires qu'elle avait tenus la veille concernant l'application dans les établissements d'enseignement du projet de loi 62, adopté la semaine dernière.

En fin d'avant-midi, la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, avait contredit Mme Vallée. Elle a indiqué que des étudiants pourraient dans certains cas assister à leurs cours le visage couvert.

«Il y a tellement de cas de figure: des tout petits groupes aux immenses amphithéâtres, des étudiants qui ne communiquent pas du tout parce qu'il y a 350 étudiants devant toi et il n'y a pas d'interaction, a-t-elle indiqué. C'est très différent d'une direction de thèse, d'une soutenance de thèse, d'un séminaire de maîtrise, etc.»

Mme David a expliqué que la question est «très, très complexe» car il y a «mille-et-une façons» d'appliquer la loi selon les circonstances. Elle a dit s'en remettre aux dirigeants des réseaux universitaire et collégial pour décider de la mise en oeuvre des dispositions législatives.

«Les universités sont tout à fait outillées, ont des gens qui peuvent réfléchir à cette question de la qualité de la communication», a-t-elle dit.

Mme Vallée est Mme David ont toutes deux assuré qu'elles ne sont pas en contradiction.

«Je n'ai pas contredit ma collègue, a dit Mme David. J'ai dit qu'on va continuer la conversation vraiment très sérieusement avec le réseau universitaire puis le réseau collégial.»

«Il ne faut pas chercher la puce, les petits pépins, les petits problèmes, a renchéri Mme Vallée quelques heures plus tard. Je pense que ma collègue comprend bien l'esprit de la loi.»

Lors d'une conférence de presse tenue mardi, Mme Vallée avait indiqué sans détour que le projet de loi 62 obligerait les étudiants à se découvrir le visage «pendant la réception de l'activité d'enseignement».

«Dans la salle de classe, à visage découvert. Lors d'un examen, à visage découvert», a résumé Mme Vallée.

Le document d'information distribué aux journalistes lors de cette conférence de presse précisait ceci: «À des fins de communication, en classe, l'élève doit avoir le visage découvert étant donné qu'une communication est requise entre l'élève et son enseignant pour faciliter les apprentissages.»




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