Durant le conflit étudiant, le gouvernement Charest possédait une étude qui remettait en question le sous-financement des universités.

Publié le 8 nov. 2012
Paul JOURNET LA PRESSE

C'est pour combler le sous-financement universitaire que les libéraux annonçaient en 2011 qu'ils voulaient augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans. Peu après avoir pris cette décision, ils ont reçu l'édition mars 2011 du Bulletin statistique de l'éducation. On y apprenait que le réseau universitaire québécois n'est pas forcément sous financé par rapport aux autres provinces canadiennes.

À l'époque, même si la FEUQ et FECQ dénonçaient la hausse des droits de scolarité, elles pensaient néanmoins comme le gouvernement libéral que les universités étaient sous financées.



C'est pour combler le sous-financement universitaire que les libéraux voulaient augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans. Mais selon l'édition mars 2011 du Bulletin statistiques de l'éducation, le réseau universitaire québécois n'est pas forcément sous financé par rapport aux autres provinces canadiennes.

«Selon divers indicateurs, l'effort financier du Québec pour ses universités est plus important que dans la moyenne du reste du Canada», conclut le rapport de 21 pages du ministère de l'Éducation. Tous les chiffres utilisés proviennent de l'année 2008-09.

Pour comparer le financement des universités, on ne peut pas seulement utiliser le chiffre absolu de leurs revenus et dépenses, soutient-on. Il faut pondérer ce chiffre pour «tenir compte de la réalité économique des régions concernées», comme le coût de la vie et le PIB.

Quand on calcule les dépenses globales en éducation par rapport au PIB, le Québec devance la moyenne canadienne, avec un ratio de 1,96%. Dans le reste du pays, la moyenne est de 1,58%. Cela s'explique en bonne partie par le PIB par habitant du Québec (alors de 38 979$), nettement inférieur à la moyenne des autres provinces (50 732$).

Au Québec, on dépense 29 242 dollars par étudiant inscrit à l'université, comparativement à 28 735 dollars en moyenne dans les autres provinces. Et la proportion de Québécois qui fréquentent l'université est légèrement supérieure (29,2% contre 28,4%).

En plus du PIB, il faut aussi tenir compte de la «différence structurelle» des systèmes d'éducation - par exemple, le réseau des cégeps - pour comparer les provinces. Parmi les différences, on note que les «les universités du Québec comptent une proportion plus élevée d'étudiants inscrits dans les secteurs disciplinaires plus coûteux et aux cycles d'études universitaires supérieurs». Cela explique «en partie» le taux plus élevé de dépenses par étudiant.

L'auteur de l'étude pondère ces différences en prenant en considération «la lourdeur des effectifs». Il y a ajouté une autre variable pour le coût de la vie. Quand on considère tous ces paramètres, les dépenses par étudiant au Québec sont de 3% supérieures à celles des autres provinces.

Environ la moitié des dépenses des universités proviennent de la masse salariale. Le Québec ne se démarque pas de la moyenne canadienne à cet égard. En divisant la masse salariale des enseignants par le nombre d'étudiants (en équivalence de temps plein), on obtient 7666 dollars au Québec. La moyenne des autres provinces (8153 dollars) est dopée par les provinces de l'Ouest (9240). L'Atlantique (7694) et l'Ontario (7545) se comparent au Québec.

Et le ratio enseignant à temps plein/élève? Celui du Québec (21,2) est inférieur à celui de L'Ontario (25,2), mais supérieur à celui des provinces de l'Atlantique (16,7) et égal à celui de l'Ouest (21,1).

Les professeurs universitaires québécois gagnent un salaire inférieur à celui de leurs collègues des autres provinces (102 925 contre 110 629 dollars).