La commission scolaire Kativik, dans le Nunavik, n'a pas l'intention de changer sa formule pour aider les élèves francophones, comme le demandent des parents et le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS).

Mis à jour le 20 sept. 2012
Janie Gosselin LA PRESSE

La commission scolaire réagissait à une lettre envoyée la semaine dernière par le Ministère, qui lui rappelait son obligation de fournir des services éducatifs en français dès la maternelle. Dans une réponse envoyée à la vice-ministre Louise Pagé, la directrice générale de la commission scolaire, Annie Popert, réplique que la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et la Charte de la langue française sont respectées. Elle estime qu'elle répond aux obligations avec les tutorats actuellement offerts.

Depuis septembre, les parents francophones n'ont plus l'option d'envoyer les enfants en tutorat l'après-midi, une solution que la commission jugeait trop «perturbatrice» pour les autres élèves. Des tutorats sont donc offerts les soirs et le samedi. Au Nunavik, l'enseignement en français ou en anglais commence à la 4e année, dans un contexte de langue seconde. Les parents insatisfaits doivent embaucher un tuteur privé, à leur frais.

Joint par téléphone, le président de la commission scolaire, Johnny Kasudluak, a dit ne pas comprendre la menace du Ministère de «prendre des mesures» pour remédier à la situation. «Nous avons toujours collaboré, a-t-il souligné. Ils ont toujours respecté notre juridiction.» La commission scolaire, bien qu'elle dépende du ministère de l'Éducation, bénéficie d'une certaine autonomie en vertu de la Convention de la Baie-James. «Nous comprenons les demandes des parents, mais nous sommes limités à notre mandat et aux limitations de la loi, a-t-il précisé. Nous essayons d'accommoder la majorité.»

Les parents qu'une quinzaine d'enfants francophones installés à Kuujjuaq ont suggéré à la commission, qui reçoit une subvention du gouvernement pour le tutorat, de louer un local et d'embaucher deux enseignantes. Mais elle juge cette option contraire à la loi, puisqu'elle créerait une école parallèle.

«Le temps joue contre nous, a affirmé François Jodoin, père de deux enfants d'âge scolaire qui s'est installé à Kuujjuaq il y a deux ans. Ça coûte 1000 dollars par enfant par mois pour le tutorat privé. Les parents étaient prêts à tenir deux mois. Mais si ça s'étire, il va rester un choix: soit les enfants seront réintégrés au système scolaire régional, soit nous devrons quitter le Nunavik.»

Le ministère de l'Éducation n'a pas été en mesure de commenter la lettre de la commission scolaire hier.