Les bonifications annoncées par l'ancien gouvernement libéral au programme de prêts et bourses suscitent de la mésentente entre les étudiants.

Publié le 7 sept. 2012
Pascale Breton LA PRESSE

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) se dissocie de la demande formulée par la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui souhaite que le nouveau gouvernement maintienne les bonifications annoncées au printemps par les libéraux.

Au contraire, fait valoir la FEUQ, ces modifications risquent d'augmenter encore l'endettement des étudiants. «Ils ne savent pas de quoi ils parlent», a lancé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, au sujet de ses collègues de la CLASSE.

En juin dernier, l'ancien gouvernement libéral avait mandaté le comité consultatif de l'accessibilité financière aux études afin qu'il se penche sur les bonifications proposées. Il était notamment question d'augmenter la contribution parentale prise en compte dans les calculs pour l'augmenter à 45 000$.

Mais les changements faisaient aussi «exploser le plafond de prêts». L'impact est particulièrement important pour les étudiants issus de familles dont les revenus se situent entre 45 000 et 60 000$, explique Mme Desjardins.

«Les étudiants qui proviennent de familles de classe moyenne, voire plus défavorisées, voient leur endettement doubler et même tripler. Je ne pense pas que c'est favorable de conserver cela.»

Dès que la CLASSE a demandé le maintien de ces bonifications, mercredi, la FEUQ a signifié son désaccord au Parti québécois. Maintenant que la hausse des droits de scolarité semble en voie d'être annulée, il ne faut pas accroître l'endettement étudiant, dit Mme Desjardins.

Une rencontre entre le PQ et les étudiants pourrait être organisée rapidement, avant même la formation du nouveau gouvernement, dit-elle.

Les étudiants ont repris les cours, mais l'aide financière n'a pas suivi. «Il faut avoir une cellule de crise pour être capable de gérer la rentrée, qui est déjà chaotique. Plus on attend, plus ça se complexifie. Des étudiants se retrouvent énormément endettés. Ils ont de la difficulté à se payer de la nourriture pour la semaine. Ça commence à être criant.»