Un mois après le discours inaugural de M. Charest, en février 2011, le cabinet de relations publiques National confie à son vice-président, Martin Daraîche, le mandat de faire du lobbying pour Smart Technologies auprès du ministère de l'Éducation.

André Noël et Vincent Marissal LA PRESSE

Le mandat de M. Daraîche: entreprendre des démarches pour «qu'une orientation soit prise à la suite du budget du gouvernement qui confirmait l'intention de munir chaque classe d'un tableau blanc interactif dans le but d'améliorer le taux de réussite des élèves».

M. Daraîche est bien connu au gouvernement. Gaspésien d'origine, il est entré en avril 2005 dans le cabinet de la ministre des Affaires municipales Nathalie Normandeau comme conseiller politique. Un an plus tard, il va occuper les mêmes fonctions dans le cabinet de M. Charest.

En février 2008, il se joint au cabinet National, rue Grande Allée à Québec. Il s'est inscrit au registre des lobbyistes en décembre 2008, soit 13 mois après avoir quitté le bureau de M. Charest (la loi sur le lobbying impose un délai de 12 mois aux anciens conseillers politiques). «Nous nous assurons toujours de respecter la loi, ce que j'ai fait», indique M. Daraîche.

Un de ses premiers mandats (à l'automne 2008): faire du lobby pour Microsoft. Cette société américaine est un fournisseur important du gouvernement québécois, et elle entend bien le rester.

La Régie des rentes du Québec lui a accordé un contrat sans appel d'offres. La Cour supérieure déclare que c'était illégal. Malgré le jugement, le gouvernement Charest adopte un décret qui facilite l'acquisition sans appel d'offres de logiciels informatiques sous licence, au premier chef ceux de Microsoft.

Martin Daraîche est aussi lobbyiste pour l'Association pétrolière et gazière du Québec, comme deux autres anciens conseillers libéraux, ce qui a provoqué les critiques de l'opposition.