La Sûreté du Québec a confirmé vendredi que 47 personnes sont disparues dans la tragédie de Lac-Mégantic, mettant pour la première fois un nombre sur la tragédie survenue il y a deux semaines.

Marie-Michèle Sioui LA PRESSE

Encore cinq corps sont à retrouver dans la zone rouge, tellement dévastée que les autorités sont contraintes de changer leur stratégie et de redéployer leurs effectifs cette fin de semaine. Une imposante grue doit arriver sur le site samedi afin de soulever des équipements, notamment des wagons-citernes remplis de pétrole. « On a reçu de nouvelles informations qui nous permettent de croire que certaines personnes se trouvent à des endroits différents de ce qu'on nous avait indiqué au départ», a expliqué l'inspecteur Michel Forget, de la Sûreté du Québec (SQ). « On a quadrillé le secteur, on va le refaire avec de l'équipement pour rejoindre des endroits inaccessibles jusqu'ici. Croyez-moi, on va aller jusqu'au bout.»

Les recherches sont suspendues samedi, mais elles reprendront dimanche. Le travail d'identification judicaire ne cesse pas pour autant. Le Bureau du coroner assure continuer de travailler à mettre des noms sur la tragédie ; vendredi, trois personnes supplémentaires ont été identifiées, portant le nombre de victimes connues à 22.

Le système de freinage mis en cause

Derrière les 47 disparus, il y a ce train de la mort, celui dont le système de freinage a été pointé du doigt vendredi par le Bureau de la sécurité des transports (BST). « Le train est parti à la dérive. Donc il n'était pas immobilisé convenablement», a déclaré le gestionnaire des opérations ferroviaires du BST au Québec, Ed Belkaloul, qui ne sait toujours pas si les freins étaient défaillants ou s'ils ont plutôt été mal appliqués. Le BST a fait parvenir deux avis de sécurité à Transports Canada, le premier portant sur l'immobilisation de l'équipement et des trains laissés sans surveillance et le second concernant la sécurisation des locomotives. L'analyse des données de la boîte noire du train se poursuit également, de même qu'une inspection minutieuse de la voie ferrée, des wagons-citernes et de leur contenu. Jusqu'ici, 25 wagons ont été expertisés afin d'identifier leurs faiblesses, les fissures et autres éléments reliés.

- Avec Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne

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