La Défense nationale gère mal ses matières dangereuses, conclut un rapport interne mis en ligne récemment par le Ministère.

Hugo de Grandpré LA PRESSE

L'enquête menée sur les bases des Forces armées canadiennes de Montréal et de Gagetown, notamment, désigne une série d'irrégularités dans le cadre du programme HAZMAT, qui «vise à traiter des enjeux tels que la protection de la santé humaine, l'environnement, l'équipement et le respect des lois».

Ce constat survient au moment où les règles de transport de matières dangereuses font déjà l'objet d'une attention accrue à la suite de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic.

Le rapport du chef des services d'examen de la Défense nationale évoque des «rôles et des responsabilités flous» et «une application inégale des initiatives ministérielles».

Sur le plan de l'acquisition de ces substances dangereuses, le document note que des contrôles «limités et incohérents» ont été mis en place.

«Les évaluations en milieu de travail portant sur les matières dangereuses ne sont pas exécutées conformément aux exigences des lois», ajoute-t-on.

Le document dénonce enfin une gestion déficiente de l'information concernant ces substances, au point où «la fiabilité déficiente des données a affaibli l'efficacité des initiatives nationales et le respect des exigences de santé et sécurité».

Les produits visés par l'enquête sont ceux qui sont utilisés de manière courante par la Défense, dont des produits pétroliers, des produits de nettoyage, de peinture et des gaz comprimés «nécessaires aux travaux effectués dans les ateliers de maintenance».

«La vérification ne tenait pas compte des agents chimiques et biologiques, des matières radiologiques et nucléaires, des munitions et des explosifs», a-t-on cependant indiqué.

Aucun accident lié aux problèmes n'a été évoqué.

Le service d'examen y fait plutôt une série de recommandations, dont celle que le processus implique dorénavant des hauts fonctionnaires et hauts gradés comme le sous-ministre adjoint chargé des infrastructures et de l'environnement et le vice-chef d'état-major de la Défense.

La Défense y a répondu en mettant sur pied un train de mesures, dont la création d'une «équipe spéciale» qui vérifiera la manière dont le programme est appliqué.

- Avec William Leclerc