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Une «école» sur les explosifs

Les engins explosifs improvisés sont devenus un fléau... (Photo: Reuters)

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Les engins explosifs improvisés sont devenus un fléau en Afghanistan.

Photo: Reuters

La problématique des explosifs en Afghanistan est devenue si aiguë au fil des années qu'elle a convaincu les autorités militaires de construire un site d'entraînement permanent consacré à leur détection et à leur reconnaissance à Valcartier.

Le centre entrera en activité dès cet automne dans des installations temporaires, soit une immense tente pouvant accueillir une quarantaine de soldats. Il faudra cependant attendre sept ans avant que ne soient érigés les bâtiments permanents, pouvait-on lire récemment dans un article publié dans Adsum, le journal de la base de Valcartier.

Il s'agit d'une première dans le genre au sein des bases de l'armée canadienne, souligne le capitaine François Langis, officier des opérations au 5e Régiment du génie de combat de Valcartier.

«Chaque année, tous les militaires doivent suivre un entraînement de base sur les explosifs, dit ce dernier. Cet enseignement est un peu plus poussé pour les soldats déployés en théâtre. Mais comme nous n'avions pas d'endroit permanent pour l'enseignement, il fallait chaque fois recommencer à zéro. Désormais, nous pourrons donner l'enseignement de façon plus contrôlée, dans un meilleur environnement.»

La décision fait en sorte qu'un secteur d'entraînement très recherché de la base de Valcartier sera exclusivement consacré à ce cours. On y aménagera un bâtiment avec des salles de classe et d'exercices. À l'extérieur, le centre comprendra un sentier de 1,5 km destiné aux simulations avec de fausses bombes dissimulées.

«Cette route traversera trois zones, poursuit le capitaine Langis. Une zone désertique, une autre plus boisée et une zone urbaine qui sera en fait un petit village recréant un lieu où les militaires seront déployés, n'importe où dans le monde. Le bâtiment servira à la formation théorique. On y retrouvera des salles de classe et trois salles contenant des répliques d'explosifs. Lorsqu'on a une réplique entre les mains et qu'on peut la regarder sous plusieurs angles, on acquiert de meilleures connaissances. Ces engins sont par la suite plus faciles à identifier sur le terrain.»

Le centre comprendra enfin un hangar avec un immense bac à sable où seront disposés des véhicules. Encore là, l'endroit servira à l'entraînement, surtout l'hiver.

Pas juste des EEI

Depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, les engins explosifs improvisés (EEI) sont devenus un véritable fléau. Ils sont responsables d'au moins la moitié des décès chez les soldats. Le problème est devenu encore plus criant depuis que les Forces canadiennes ont déménagé à Kandahar, dans le sud, où la résistance talibane est féroce.

En conséquence, l'enseignement que recevront les militaires d'ici 2011 - année prévue de la fin de la mission afghane - portera davantage sur ce type d'explosifs. Mais d'autres aspects seront abordés.

«On retrouve trois grandes familles d'explosifs en théâtre, dit le capitaine Langis: les mines, les obus non explosés - on en retrouve dans toutes les zones de combat - et les engins explosifs improvisés. Notre enseignement les aborde tous. Selon les théâtres d'opérations, on identifie la menace principale et on adapte le cours en fonction de celle-ci. Le centre ne servira pas uniquement pour l'Afghanistan. Partout où nous sommes déployés, on rencontre des explosifs.»

L'officier rappelle que durant la longue mission canadienne en Bosnie, dans les années 1990, les EEI étaient inexistants alors que mines et obus non explosés étaient nombreux.

En Afghanistan, les EEI sont d'autant plus dangereux qu'ils se confondent à l'environnement.

«Un EEI peut prendre toutes sortes de formes, dit le capitaine Langis. Il est souvent caché dans un ponceau, dans un sac-poubelle qui traîne parmi des dizaines d'autres, dans des carcasses d'animaux morts, dans des nids-de-poule recouverts de gravier, etc.»

La formation de base dure une journée complète. Quatre instructeurs forment simultanément une quarantaine de militaires. Le soldat qui réussit son cours est accrédité pour 12 mois. Un an plus tard, il doit suivre de nouveau la formation et repasser les tests. Les installations temporaires accueilleront leurs premiers élèves en octobre, donc à temps pour la prochaine rotation des militaires de Valcartier, prévue en 2010.




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