Depuis le 22 juin, La Presse suit la famille Trudeau-Dulude de Noyan, dont la maison a été lourdement endommagée par les inondations qui ont touché la Montérégie ce printemps. La famille n'a toujours pas réintégré son domicile. Mais cette semaine, une bonne nouvelle est enfin arrivée.

Mis à jour le 16 juill. 2011
Ariane Lacoursière LA PRESSE

Sylvia Dulude a accueilli La Presse avec un immense sourire, hier matin. «La pression commence à tomber! Le moral revient», a-t-elle lancé.

Lundi, le gouvernement a donné une avance de 8000$ aux Trudeau-Dulude pour commencer les travaux de rénovation de leur maison. Depuis trois jours, une dizaine de jeunes bénévoles réaménagent le sous-sol, où les chambres des trois enfants avaient été complètement détruites par les eaux.

La dernière fois que La Presse avait visité Mme Dulude et son mari, François Trudeau, ils n'en pouvaient plus d'attendre que le gouvernement leur dise enfin s'ils pourraient réparer leur maison. Au début de la semaine, ils ont enfin obtenu un début de réponse. «J'ai reçu 8000$ du gouvernement pour commencer les travaux, dit M. Trudeau. Je vais pouvoir finir les chambres des enfants avant la rentrée scolaire.»

La directrice de la Sécurité publique en Montérégie, Christine Savard, dit que le service d'aide financière du gouvernement a vu 2788 familles jusqu'à maintenant. Toutes ont reçu la visite des experts en sinistres chargés d'évaluer les dégâts. Un peu plus de 600 d'entre elles ont reçu un rapport d'expert, et des avances de 595 268$ ont été versées.

De l'aide!

Les travaux à accomplir dans le sous-sol de la famille Trudeau-Dulude étaient considérables. Le plancher du sous-sol étant en terre battue, il a fallu retirer le sol contaminé par les inondations. Une tâche titanesque. Mais lundi, la municipalité de Noyan a annoncé à M. Trudeau qu'une dizaine de bénévoles de l'organisme Samaritan's Purse viendraient l'aider.

Hier matin, Grégory Levert, 17 ans, transportait de la pierre concassée pour refaire le solage. Originaire de Québec, il participe ces jours-ci à un camp religieux à Montréal avec des jeunes de partout au Canada. «On nous a offert de venir aider les sinistrés des inondations. Cette maison est un cas particulier. Il y avait vraiment beaucoup de choses à faire. Sans nous, il aurait fallu des semaines pour y arriver.»

Hier, les bénévoles de Samaritan's Purse ont travaillé dans six autres maisons, selon le coordonnateur régional de l'organisme, Stephen Joudry. «Nous sommes un organisme religieux, mais nous aidons tout le monde, dit-il. Nous sommes spécialisés dans l'après-sinistre. Quand tout le monde part, nous arrivons.»

Depuis lundi, les bénévoles de Samaritan's Purse ont aidé M. Trudeau et ses fils à retirer la terre du sous-sol. Hier, ils ont commencé à poser une couche de pierre concassée. «La semaine prochaine, je vais pouvoir couler mon béton!» prévoit M. Trudeau.

Le bout du tunnel

Mme Dulude regarde tout ce beau monde travailler avec un sourire aux lèvres. Elle aimerait mettre la main à la pâte, mais elle ne peut pas. Elle s'est coupé la main avec une scie il y a un an, à l'atelier où elle travaillait. Depuis, elle vit un violent choc post-traumatique. Elle ne peut entendre le bruit d'une scie.

Jusqu'à hier, elle était aussi incapable de mettre les pieds dans une quincaillerie. «Mais ce matin, j'ai été capable d'entrer chez Rona. C'est un très grand pas! Un jour, je vais être capable moi aussi d'aider dans ma maison.» Elle croit que ses progrès sont intimement liés à l'aide reçue pour reconstruire sa maison. «Je suis tellement reconnaissante! Maintenant, ma maison va tenir. On voit enfin le bout du tunnel, et il était temps!»