La SQ avait sous-estimé le risque à Victoriaville

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Conflit étudiant

Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

La Sûreté du Québec (SQ) se défend d'avoir «sous-évalué» le niveau de risque à la veille de l'émeute du 4 mai 2012 à Victoriaville et plaide que c'est plutôt la situation qui «a évolué».

«Le niveau de menace, oui, il était élevé le matin (du 4 mai). La veille, il était moyen (à) et on a fait face à extrême», a exposé mardi matin le directeur général adjoint de la SQ, Marcel Savard, devant la Commission spéciale d'examen sur les événements du printemps 2012 (CSEEP).

Un peu plus tard, lors d'un bref point de presse, il a toutefois nié que la police provinciale avait sous-estimé la menace que représentait la tenue de cette manifestation organisée en marge d'un conseil national du Parti libéral du Québec (PLQ).

«Ce que je dis, c'est que la veille, avec l'information que l'on (avait), nous (avions établi) le niveau de menace à moyen. Ce sont les faits», a-t-il dit aux journalistes.

«Évidemment, la démarche continue de recherche d'informations et de renseignements, au moment où on établit à «moyen', n'est pas arrêtée. Elle continue tout au long de la soirée du 3 et de la nuit du 3 au 4. Et le matin, avec l'information supplémentaire qu'on obtient, on évalue la menace à 'élevée'. C'est comme ça», a-t-il tranché.

Le rassemblement de Victoriaville survenait alors que le conflit étudiant faisait toujours rage, que les leaders étudiants négociaient à Québec pour tenter de dénouer l'impasse, mais aussi quelques jours après qu'une autre manifestation - contre le Salon Plan Nord, celle-là - eut tourné au vinaigre dans les rues de Montréal.

Le directeur adjoint de la SQ a catégoriquement nié les allégations voulant que certaines informations sur des mouvements anarchistes qui ont fait la pluie et le beau temps dans les rues de la métropole n'avaient pas été partagées.

Il réagissait à des informations obtenues par La Presse Canadienne à l'effet que la direction du renseignement de sécurité de Québec n'avait pas sollicité les informations de la direction du renseignement criminel de Montréal - ce qui aurait permis d'établir le niveau de risque approprié.

L'équipe de Québec aurait décidé, «par souci d'économie», de déployer son équipe, qui ne connaissait pas les mouvements des groupes extrémistes actifs dans la métropole, a indiqué une source proche des dossiers policiers.

Marcel Savard a assuré, lors du point de presse de mardi, que les responsables montréalais du renseignement avaient transmis les informations requises à leurs collègues de la Vieille-Capitale «dans les jours précédant la tenue de la manifestation».

Il n'est cependant pas parvenu à expliquer pour quelle raison le niveau de menace était passé de «moyen» à «élevé» non pas dans les jours précédant l'émeute, mais bien dans la nuit avant qu'elle n'éclate dans les rues de Victoriaville.

«On joue sur les mots. (...) J'apprécierais si quelqu'un pouvait venir m'expliquer, la personne qui a témoigné en ce sens, n'a pas du tout la bonne perspective de ce qui s'est passé», a-t-il lâché après avoir laissé entendre devant les commissaires que la source anonyme avait agi «par frustration».

Faible, moyen ou élevé, peu importe le débat entourant le niveau de menace, une fois sur place à Victoriaville, les agents de la SQ ont été confrontés à un degré «extrême» de violence, a résumé M. Savard lorsque la commissaire Claudette Carbonneau l'a interrogé sur le dispositif d'encadrement qui avait été prévu.

Car il n'aura pas fallu beaucoup de temps avant que les clôtures métalliques installées autour de l'hôtel Le Victorin ne tombent.

Quatre petites minutes auront suffi. La SQ aurait-elle dû ériger des barrières plus solides?

«Est-ce qu'une clôture de type «festive» juste installée avec ses ancrages, c'est le modèle qui va être retenu pour les prochaines? Non», a tranché Marcel Savard.

Lorsque le président de la CSEEP, Serge Ménard, lui a directement demandé si les policiers de la SQ étaient adéquatement préparés, il a longtemps hésité avant de préciser que ses agents étaient prêts et bien formés, mais qu'ils n'étaient «pas des Robocops».

Reste que de façon générale, M. Savard s'est dit fier du travail accompli par ses policiers - tout comme l'avaient fait avant lui son patron, Mario Laprise, et le chef du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, lors de leurs témoignages respectifs.

En réussissant à s'assurer que les contestataires avaient des «endroits prévus» pour manifester et à éviter les débordements susceptibles de mettre en péril la population et le regroupement du PLQ, la SQ a rempli son mandat, a soutenu le directeur général adjoint.

«On a fait ce qu'on avait à faire et on considère qu'on a fait un excellent travail», a-t-il affirmé.




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