Les associations étudiantes en ont assez de tourner autour du pot: elles veulent désormais négocier avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et elles pourraient le faire dès lundi.

Marie-Michèle Sioui LA PRESSE CANADIENNE

La porte-parole de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, est catégorique: tant qu'on évitera «l'enjeu principal» qu'est la hausse des droits de scolarité, il n'y aura pas de sortie de crise.

En attendant samedi une confirmation de Mme Courchesne quant à la tenue de pourparlers lundi, Mme Desjardins s'est gardée de parler de stratégie commune entre les trois associations étudiantes (FEUQ, Fédération étudiante collégiale du Québec et Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante).

Elle reconnaît toutefois que les trois organisations préparent des solutions, qu'elles ont établi une «certaine collaboration» au cours des derniers mois et qu'elles prévoient se rencontrer une fois qu'elles connaîtront la date exacte de la rencontre avec la ministre de l'Éducation.

Mme Desjardins ne considère pas que ces négociations représentent une dernière chance, mais admet que de «nombreuses possibilités» ont été épuisées et précise que les porte-parole ne souhaitent pas étirer le conflit pendant de nombreuses semaines.

La FEUQ a par ailleurs demandé à ce que le premier ministre Jean Charest assiste à ces négociations, mais n'en fait pas une condition.

Mme Desjardins croit que la présence de M. Charest pourrait permettre d'accélérer le processus, mais doute de sa capacité à enrichir le débat.

«On l'a vu depuis le début, M. Charest s'est tenu très loin des leaders étudiants. Il ne leur a jamais serré la main», note-elle.

Questionnée sur un sondage CROP-La Presse qui indique que le Parti Québécois (PQ) pourrait diriger un gouvernement minoritaire si des élections avaient eu lieu cette semaine, Mme Desjardins a étouffé un rire.

«De voir que ce ne serait pas le Parti libéral qui serait élu, c'est déjà une bonne nouvelle!», lance-t-elle. Mais est-ce que le PQ écouterait plus les jeunes? Ça reste à voir. Tant que ce n'est pas les libéraux, quoique les caquistes ont appuyé la loi 78.»

Chose certaine, les associations étudiantes se promettent d'encourager les jeunes à voter aux prochaines élections.

«Nous avons ciblé des comtés plus faibles», explique Mme Desjardins, en précisant que la FEUQ ne prévoit pas s'associer à aucun parti.

«Nous mettons un peu plus de pression sur les députés libéraux dans les régions où la lutte avait été plus chaude aux dernières élections. Les jeunes vont se souvenir des choix qui ont été faits par les libéraux pour les jeunes», promet-elle.