Après le Barreau du Québec et de multiples associations locales de défense des droits, c'est au tour d'Amnistie internationale de sévèrement condamner l'adoption de la loi spéciale (78) par le gouvernement du Québec.

Publié le 25 mai 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Les pouvoirs «sans précédent» et «discrétionnaires» donnés aux forces policières par l'entremise de cette loi sont exagérés, soutient Amnistie internationale.

L'organisation internationale, l'une des plus importantes dans le monde, s'est positionnée publiquement dans un communiqué mis en ligne sur son site internet.

«La loi 78 est un outrage aux libertés fondamentales qui dépasse largement les limites admissibles au regard du droit provincial, national ou international relatif aux droits humains», y affirme Javier Zúñiga, conseiller spécial pour Amnistie internationale.

«Il est déraisonnable et inacceptable de demander aux citoyens de s'adresser à l'avance aux autorités chaque fois qu'ils souhaitent exercer un droit fondamental. L'Assemblée nationale du Québec doit abroger cette loi sans tarder.»

Une enquête indépendante

Pour l'organisation, la loi d'exception interdit toute manifestation spontanée et permet aux forces de l'ordre de modifier le trajet d'une manifestation, voire de l'interdire. Bref, elle «viole les droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et de mouvement, enfreignant ainsi les obligations internationales du Canada».

Le texte d'Amnistie internationale souligne notamment l'arrestation de quelque 700 manifestants dans la nuit de mercredi à jeudi, à Montréal et à Québec.

L'organisation internationale demande une enquête indépendante sur la situation qui prévaut au Québec.