Avec pour toile de fond la séance extraordinaire à l'Assemblée nationale visant l'adoption d'une loi spéciale pour mettre un frein à la grève étudiante, les rues de Montréal ont été le théâtre, pour la 24e soirée consécutive, d'une manifestation nocturne chargée de tension, regroupant étudiants, élèves et leurs sympathisants, hier soir.

Philippe Teisceira-Lessard et Alain Bisson LA PRESSE

Échaudés par les débordements de la veille, au cours desquels des vitrines de commerces ont volé en éclats et 122 personnes ont été arrêtées, les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se sont faits très visibles dès le début du rassemblement, vers 21h, à la place Émilie-Gamelin.

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Une foule nombreuse - autour de 4000 personnes selon des estimations convergentes - s'est mise en marche vers le Vieux-Montréal et ensuite s'orienter en direction est. Un peu avant 22 h, des manifestants ont bloqué la circulation à la sortie du tunnel Ville-Marie, à la hauteur de l'avenue Papineau. Des dizaines de véhicules ont dû s'immobiliser, des klaxons ont résonné et le SPVM a aussitôt ordonné aux participants de circuler, faute de quoi la manifestation serait déclarée illégale. La voie rapide a été libérée quelques minutes plus tard.

Tout comme pour la manifestation de la veille, quelques participants portant masques et lunettes se sont placés aux avant-postes du cortège.

D'autres manifs à prévoir

Vêtu d'un manteau noir constellé de carrés rouges, Iannick a avancé que «[les manifestations], ça va pas arrêter. Il va y en avoir une demain, après-demain et après-après-demain. Avec le nombre de personnes qu'il y a ce soir, ça montre que ce n'est pas près de se calmer.»

Également présente à la marche, Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, s'est dite inquiète de l'impact du projet de loi du gouvernement Charest sur les libertés individuelles.

«Va-t-il falloir que j'avertisse la police avant d'aller faire un pique-nique au parc avec mes enfants et mes petits-enfants? Je n'appelle pas à défier [la loi], ce n'est pas mon rôle», a-t-elle déclaré.

Vers 23h, une deuxième manifestation s'organisait à la place Émilie-Gamelin. Rappelons que c'est à l'occasion d'un second rassemblement, convoqué aux mêmes heures, que des débordements ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi.