La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a proposé une piste de solution au gouvernement Charest. Après la rencontre de mardi soir, son président, Léo Bureau-Blouin, s'est entretenu au téléphone avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, pour avancer un compromis basé sur des modifications à l'entente avortée du 6 mai.

DENIS LESSARD ET TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

Selon les leaders des cégeps, ces mesures entraîneraient dans les faits un moratoire. Il n'y aurait pas de hausse en septembre, bien que tout le monde se soit entendu pour éviter le mot «moratoire».

Selon ce qu'a appris La Presse, Gilles Duceppe a encore une fois joué un rôle dans cette proposition, s'assurant qu'elle parvienne au bureau de Mme Courchesne pour qu'elle y réfléchisse. En matinée, pourtant, Mme Courchesne a semblé faire table rase de toutes ces avenues lorsqu'elle a parlé d'un «durcissement» de la position des étudiants dans la rencontre de mardi soir.

En fin d'après-midi, le gouvernement a réservé une demi-page dans les grands quotidiens de demain pour un message du premier ministre, qui serait lié à la crise étudiante. Le contenu de cette publicité sera rendu public plus tard en soirée.

Le nouveau texte proposé par la FECQ, que La Presse a obtenu, précise que les fédérations étudiantes «s'engagent à recommander l'entente de principe», un progrès par rapport au 5 mai, lorsque les leaders étudiants ne s'étaient engagés qu'à soumettre la proposition à leurs membres.

Autre modification: la proposition initiale prévoyait que, si les économies réalisées dans la gestion des universités permettent de dégager des économies, elles serviront à réduire les frais afférents. Cette fois, on ajoute que, si les réductions sont plus grandes que ces frais, l'excédent servira à réduire la «facture globale des étudiants», c'est-à-dire les droits de scolarité. Au sortir de la réunion, il y a deux semaines, la ministre Line Beauchamp avait dit douter que ces économies soient suffisantes pour annuler la hausse des frais de scolarité.

Le nouveau texte proposé par la FECQ précise de plus que les économies seront réparties dans l'ensemble des établissements - il existe une importante disparité dans les frais afférents d'une université à l'autre.

Enfin, la FECQ propose de réduire le poids du gouvernement et des universités dans le «conseil provisoire». On passe de six à quatre recteurs, et l'on conserve quatre présidents d'association étudiante et quatre représentants du milieu syndical. Les représentants des milieux d'affaires et le président du conseil devraient être approuvés par l'ensemble du conseil et non plus seulement désignés par la ministre de l'Éducation.

> Entente sur le conseil provisoire sur les universités (PDF)

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a soumis la même proposition à la ministre Courchesne, a-t-on appris. La CLASSE ne l'a pas fait: elle se dit incapable d'aller jusqu'à recommander à ses membres l'adoption de l'entente.

Ultime appel à la négociation

En conférence de presse, en début d'après-midi, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a lancé au gouvernement «un ultime appel à une entente négociée». Il a évoqué la proposition qu'il a faite à Mme Courchesne sans en révéler le contenu. Il n'a pas exclu de conclure une entente seul avec le gouvernement, sans les trois autres associations. «J'invite surtout les autres organisations à envisager aussi la possibilité de recommander ce type d'entente», a-t-il dit. Notons que la FEUQ et la CLASSE n'ont pas participé à la conférence de presse et attendent la fin de la réunion du conseil des ministres.

Selon Léo Bureau-Blouin, une loi spéciale «ne ferait qu'envenimer la situation, créer plus de violence, plus de tension». «Un bon père de famille ne fait pas venir la police chez lui pour régler les problèmes qu'il a avec ses enfants. Un bon père de famille s'adresse à ses enfants, leur parle pour régler la crise», a-t-il affirmé.

Le «carré vert» Laurent Proulx, du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec, estime qu'une loi spéciale n'est pas une bonne idée. «Nous croyons en une solution pacifique axée sur la médiation», a-t-il dit. Selon lui, l'entente proposée par la FECQ «pourrait mener à une sortie de crise» et «mérite d'être étudiée par le gouvernement».