La grève étudiante est un mouvement plus large, un conflit idéologique opposant le gouvernement à des citoyens sur des questions de société, affirment quelque 200 personnalités publiques issues du milieu artistique, mais aussi de la politique, des syndicats et des professions libérales.

Pascale Breton LA PRESSE

Dans une déclaration appelant à la solidarité, les signataires réclament un moratoire sur la hausse des droits de scolarité et la tenue d'États généraux sur l'éducation supérieure.

«La grève des étudiants et le mouvement social qui l'accompagne expriment aussi le ras-le-bol des Québécois face au manque d'imagination de nos gouvernements dans la maîtrise d'oeuvre des affaires de l'État», a déclaré la comédienne Guylaine Tremblay en faisant la lecture de cette déclaration.

La grève étudiante, qui en est à sa douzième semaine, a dépassé la simple question de la hausse des droits de scolarité. C'est un conflit idéologique qui met en opposition deux visions, croit Léa Clermont-Dion, l'une des initiatrices de cette déclaration, elle-même étudiante en science politique.

Les signataires établissent clairement un lien entre la hausse des droits de scolarité et l'exploitation des ressources naturelles, affirmant que le gouvernement ne tire pas suffisamment de redevances des compagnies.

«C'est important d'élargir les enjeux. Ce qui se passe dans la rue n'est que le révélateur d'une entreprise beaucoup plus vaste qui détermine les choix de société importants qu'on est en train de faire», a affirmé le metteur en scène Dominic Champagne.

Il ajoute que ce serait une erreur de déclencher des élections sur la seule question des droits de scolarité, faisant référence aux nombreuses rumeurs qui circulent à l'effet que des élections pourraient avoir lieu ce printemps.

«Dans la rue, ce qui se dit n'est pas juste non à la hausse. C'est non à un modèle usé», complète le sociologue Éric Pineault.

Parmi les signataires, on retrouve de nombreux artistes comme Anne-Marie Cadieux, Luc Picard, Denis Villeneuve ou Philippe Falardeau, mais également d'anciens politiciens ou syndicalistes comme Lise Payette et Gérald Larose, ainsi que des médecins comme le Dr Alain Vadeboncoeur, chef du service des urgences de l'Institut de cardiologie de Montréal.

Plusieurs de ces personnalités étaient présentes ce matin, à l'Espace libre, pour la présentation de cette déclaration. Ils se sont ensuite joints à un rassemblement réunissant les centrales syndicales et les associations étudiantes, organisées devant les bureaux du premier ministre Jean Charest, dans le cadre de la Journée des travailleurs, ce midi.

Ils y ont symboliquement planté dans une boîte à fleurs, à l'angle McGill College et Sherbrooke, l'«arbre de la liberté». Un érable dans lequel ils ont accroché une guirlande de carrés rouges sur lesquels ceux qui le désiraient y allaient de leurs souhaits pour le Québec.

Les comédiens Alexis Martin et Jacques L'Heureux, Daniel Boucher, Gérald Larose et Dominic Champagne y étaient notamment présents, aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, co-portes-paroles de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante.



- Avec David Santerre