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Un fabricant lève le voile sur le cartel de l'éclairage à Montréal

Durant plusieurs années, une poignée d'entreprises se sont divisé le marché de l'éclairage dans la grande région de Montréal. Le PDG de l'une des firmes ayant participé à ce stratagème a levé le voile sur le fonctionnement de ce cartel, ce matin, devant la commission Charbonneau.

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Daniel Niding

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Daniel Niding, PDG de Métal Pole-Lite a terminé son témoignage en matinée. La commission a entendu à partir de 14h00 un entrepreneur de la grande région de Montréal, dont l'identité est frappée par un interdit de publication, car le témoin craint les représailles. Par conséquent, les audiences n'ont pas été diffusées en direct. Le contenu de son témoignage a toutefois pu être rapporté dans les médias et sur le réseau Twitter.

Claude Paquet, ex-employé du Ministère des transports du Québec (MTQ) suivra à la barre. Ce dernier est l'ex-patron de Guy Hamel, fonctionnaire corrompu du MTQ, qui témoignait hier.

La domination des « quatre grands »

Entre 2003 et 2011, quatre entrepreneurs se sont partagés 71% des contrats dans la grande région de Montréal : Chagnon Systèmes urbains, Bernard Brossard, Néolect et LeSaux. (Note : TCI a acheté Néolect en 2005 et Le Saux en 2008. TCI a créé la division Neolect-LeSaux en 2010).

Au sein de l'industrie, le groupe a été surnommé les «quatre grands ». Selon le témoignage de Jeannette Gauthier, enquêteuse à la Commission, le groupe s'est entendu pour truquer leurs soumissions entre 2000 et 2006 environ.

Daniel Niding est arrivé à la barre de Métal Pole-Lite, un fournisseur de luminaires et de super structures en juin 2003. En décembre, il remporte un contrat de 1,5 million, ce qui fait rager son compétiteur Feralux, le fournisseur dominant sur le marché montréalais.

Au retour du congé des fêtes, les « quatre grands » convoquent Niding à une rencontre. On le blâme d'avoir soumissionné de façon trop agressive. On lui parle même de « guerre ». Niding comprend alors que les entrepreneurs sont « solidaires » avec Feralux.

Détail important, ce sont les entrepreneurs qui soumissionnent sur les contrats publics auprès du ministère des Transports du Québec (MTQ) ou des municipalités. Les fabricants comme Feralux et Metal Pole-Lite doivent ensuite soumissionner auprès du bureau des soumissions du Québec pour les équipements nécessaires à la réalisation des travaux par les entrepreneurs.

Après cette réunion, les « quatre grands » cesseront d'acheter les luminaires et structures de Métal Pole-Lite durant six mois.

À la suite de ce purgatoire, Niding rencontrera Benoit Mongrain, dirigeant de Feralux. Il lui demandera de se restreindre dans la gamme de produits offerts par l'entreprise. Niding refuse et Mongrain lui répond qu'il est capable de lui faire la guerre.

Entente

Lors d'une rencontre en mai 2004, les « quatre grands », Feralux et Niding finissent par s'entendre.

Feralux remportera 75% des contrats et Métal Pole-Lite 25%. En retour, les 4 grands demandaient à Niding de leur offrir des escomptes, qui pouvaient atteindre 40%. Niding ne pouvait pas offrir de tels rabais aux plus petits joueurs.

Niding rencontrait le groupe des « quatre grands » trois à quatre fois par année pour faire le suivi du marché.

Niding a tenu une recension rigoureuse des contrats octroyés par le « groupe des quatre ». Il exigeait plus de contrats lorsque son entreprise n'atteignait pas le quota entendu.

Le MTQ était au courant dit un témoin

En après-midi, l'entrepreneur de la grande région de Montréal dont l'identité est protégée par un interdit de publication est venu confirmer la domination du cartel. Ce dernier a déclaré que le MTQ était bien au courant, mais qu'il n'y a jamais trouvé d'oreille attentive.

Au tournant des années 2000, le témoin a tout de même tenté de percer le marché. Ses compétiteurs ont alors multiplié les plaintes contre lui devant de nombreuses instances comme la CSST, le Bureau des soumissions déposées du Québec et la Commission de la construction du Québec. Il a aussi été victime de vandalisme.

Nouveau témoin

En fin de journée, un nouveau témoin a été appelé à la barre, Claude Paquet, ancien cadre du MTQ, aujourd'hui à la retraite. Ce dernier était le patron de Guy Hamel, ex-fonctionnaire corrompu qui a témoigné mercredi de la pluie de cadeaux et d'enveloppes brunes qu'il a reçue de la part de firmes avec qui le MTQ faisait affaire.

Claude Paquet a travaillé au MTQ de 1978 à 2009. Il est ensuite passé chez Génivar où il a travaillé jusqu'en 2013 sur des projets liés au Plan nord.

La commission a commencé à se pencher avec le témoin sur le projet de reconstruction du rond-point l'Acadie, à Montréal.

L'un des contrats examiné, octroyé en 2001, avait été estimé au coût de 1,9 million par le MTQ, alors que la soumission la plus basse reçue s'élevait à 2,9 millions. Le témoin a avoué avoir négocié directement avec le plus bas soumissionnaire, la firme de Lino Zambito Infrabec, pour faire baisser son prix, ce qui est contraire aux règles. Il ne se souvient pas si c'est son patron qui lui a demandé, mais il présume que oui. « Si j'ai commis un pêcher en négociant, j'ai commis un pêché », a-t-il déclaré.

Les audiences de la commission reprendront mercredi prochain.




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